Avions de combat : OUI à la réduction de bruit et pollution inacceptables
Le GSsA soutient l’initiative lancée par Franz Weber « contre le bruit des avions de combat à réaction dans les zones touristiques » qui est un pas dans la bonne direction. Bien que le texte ne s’attaque que de manière partielle à l’un des nombreux désagréments occasionnés par l’armée suisse et ne remette pas en cause l’existence en soi des avions de combat, il est clair qu’un succès de l’initiative pourrait réduire de manière significative les nuisances liées à l’aviation militaire et constituerait un désaveu pour la politique militaire et sécuritaire du Conseil fédéral et de la majorité bourgeoise du parlement.
Les opposants arguent que si la souveraineté aérienne est touchée, c’est notre souveraineté au sens large qui serait mise à mal : la disponibilité opérationnelle de l’armée s’en trouverait remise en question et il deviendrait difficile d’assurer une défense de l’espace aérien face à une attaque militaire ou terroriste. Avec les notions de « temps de paix » et « exercices militaires », le texte de l’initiative introduirait dans la Constitution des concepts qui sont en opposition avec la nouvelle politique sécuritaire. En effet, d’après cette politique, il ne peut plus y avoir de distinction entre temps de paix et temps de guerre, parce que le terrorisme constitue une menace permanente contre laquelle il faut « produire » de la sécurité en permanence. La mise en pratique de cette doctrine transforme l’institution militaire d’armée d’exercices en armée d’engagements intérieurs : entre 2001 et 2006, les jours de service militaire consacrés aux « engagements » comme les gardes d’ambassades, les surveillances du WEF de Davos, du G8 d’Evian, etc. ont passé de 50’000 jours à 300’000 jours environ par année. Le GSsA s’oppose fermement à cette orientation de l’armée, et si le texte de l’initiative de Franz Weber est approuvé, en dehors de son but premier, cet amendement constitutionnel portera certainement préjudice à cette vision illusoire de la sécurité.
La votation sur cette initiative constitue un test important pour la suite des projets de l’aviation militaire suisse. Deux gros morceaux sont déjà annoncés : la modernisation des F/A-18 au prix de 400 millions de francs (programme d’armement 2008) et un crédit d’étude de projets (8 millions de francs), voté par le parlement en décembre pour préparer l’achat de nouveaux avions de combat.
Pour le GSsA, le texte est donc un pas dans la bonne direction. Au-delà de l’arrêt des nuisances causées par les avions de combat, l’initiative nous contraint indirectement à nous poser des questions sur la pertinence du système de défense aérienne actuel : les moyens proposés et envisagés pour le futur sont non seulement disproportionnés mais aussi tout à fait inadéquats pour répondre aux menaces brandies par nos décideurs (terrorisme et défense du territoire).
En conclusion, une acceptation de l’initiative en votation le 24 février constituerait un désaveu populaire non seulement de la pollution militaire de l’environnement mais aussi de la spirale de réarmement militaire helvétique. Le GSsA vous appelle donc à voter oui.

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