80’000 à la manifestation internationale à Vicenza contre la base militaire Dal Molin

14, 15 et 16 déc. 3 jours de mobilisation européenne à Vicence
vendredi 7 décembre 2007
par Secrétariat GSsA
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Les trois jours de mobilisation du 14 au 16 décembre à Vicenza ont connu un grand succès de participation, malgré ou aussi en raison de la récente démonstration de la servilité du gouvernement de centre-gauche italien qui, en visite officielle à Washington quelques jours avant, venait de rassurer l’allié étasunien sur son soutien à la construction d’une nouvelle immense base militaire étasunienne dans la ville de Palladio.

Depuis plus d’une année, tout un monde d’habitant-e-s, de pacifistes, de défenseurs des biens communs aux orientations politiques, cultures, langages et histoires diverses mobilisent pour empêcher la construction d’une nouvelle base militaire sur les terrains du "Dal Molin", un ancien aéroport situé dans la ville de Vicenza ( www.nodalmolin.it ). Une première grande manifestation de masse avait réuni près de 100’000 manifestants le 17 février 2007. Celle du 15 décembre a réussi à mobiliser environ 80’000 personnes, deux fois plus des attentes des organisateurs. Les drapeaux des partis politiques étaient absents des deux manifestations, la désillusion des manifestants face aux forces politiques qui soutiennent le gouvernement Prodi est trop forte. "Quelle différence avec Berlusconi ?" s’est demandé le comédien et prix Nobel Dario Fo, qui a conclu son discours avec un avertissement aux actuels gouvernants : "Continuez à ne pas écouter les gens, et celle-ci sera votre tombe. Crétins !" Par contre, étaient très visibles les mouvements citoyens qui dans d’autres régions italiennes s’opposent à d’autres méga-projets imposés d’en haut, depuis Venise avec le MoSE (les écluses gigantesques aux embouchures du port, v. www.nomose.org ) jusqu’à la ligne de TGV qui dévasterait la vallée de Susa, de la région de Naples contre le (mal-) traitement des déchets, à Cameri près de Novara contre l’usine de montage des F-35. Depuis cet été, ces mouvements ont fondé un "Pacte national de solidarité et secours mutuel" et ils agissent ensemble en défense des biens publics menacés.

Enlevons les bases à la guerre ! La mobilisation de ces 3 journées se voulait internationale, pour montrer comment le projet de nouvelle base à Vicenza s’inscrit dans la réorganisation de l’infrastructure nécessaire à la guerre globale permanente. Hans Lammerant du mouvement contre les arsenaux nucléaires en Belgique (www.bombspotting.be) a rappelé qu’à différence d’autres empires coloniaux l’empire étasunien n’a pas de colonies, mais maintient des bases militaires presque partout dans le monde. Ces bases sont de véritables nœuds logistiques de la guerre. La restructuration des bases en Europe répond à deux exigences : premièrement celle d’assurer la capacité d’intervenir militairement de manière rapide au Moyen Orient, en Asie Centrale ainsi qu’en Afrique ; deuxièmement, celle de contenir toute velléité de puissance de la part de la Russie. Sans les bases aériennes, navales et des forces terrestres de l’OTAN en Europe, les guerres en Afghanistan et en Irak n’auraient pas été concevables. Les mouvements de résistance à la militarisation en différentes régions européennes présents à Vicenza ont montré l’intérêt d’unir les dimensions locales de l’impact de la militarisation sur le territoire avec la dimension globale, de rejet de la "guerre globale et permanente". Jan Majicek du mouvement tchèque "ne zakladnam – non aux bases" a remarqué qu’en République Tchèque, le mouvement antiguerre était actif en 2003 seulement à Prague, alors qu’aujourd’hui le mouvement contre l’implantation de nouvelles bases de l’OTAN est présent dans l’ensemble du pays. Il a également souligné que "le meilleur allié contre les bases, c’est la Ligue des maires contre les radars". Les maires de toute une région tchèque se sont unis pour empêcher l’installation de radars de l’OTAN. Ils étaient représentés à Vicenza par Josef Hala, maire du village de Jince où l’armée US veut installer une station radar. Il paraît que le gouvernement Tchèque a traité les maires d’"agents à la solde de Moscou"… La même connexion entre initiatives locales et questions globales se retrouve dans les actions du mouvement qui s’oppose au doublement de la base militaire US de Ansbach en Bavière (Bürgerinitiative "Etz langt.s !" e.V. , Ansbacher Friedensbündnis www.urlas.de ) qui devrait devenir la plus grande base de hélicoptères militaires en Europe. Le mouvement a réussi une action retentissante avec le concours d’un groupe de "veterans contre la guerre en Irak" qui ont pu pénétrer dans la base et distribuer des tracts aux GI. Pour conclure, une mention à part pour la couleur rose qui réunit les activistes du groupe "Rosa Heide" –contre le militarisme et le Bombodrome- (une place de bombardements dans le nord de l’Allemagne) avec les militantes antiguerre étasuniennes de "Code Pink" également présentes à Vicenza (http://www.codepink4peace.org ). Tobia Schnebli



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