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Textes de conférence de presse

Ni avec les Talibans, ni avec le gouvernement américain!

Auteur(s): Paolo Gilardi

Date: 11/10/2001

Depuis les attentats du 11 septembre, le deuxième de la dynastie des Bush, 
le bien nommé Junior, n’arrête pas de poser au monde une alternative : « ou 
avec nous, ou avec les talibans ».
 

Cette alternative, cette fausse alternative, nous la refusons. En appelant 
à descendre dans la rue ce samedi, nous répondons à M. Bush : « ni avec les 
talibans, ni avec le gouvernement américain ».
 

En effet, depuis le 11 septembre, le monde connaît une crise d’une gravité 
sans précédent. Pour répondre aux ignobles attentats perpétrés contre des 
milliers d’innocents à New York et à Washington, le gouvernement des Etats 
Unis a décrété l'état de guerre.
 

Prétendant « mener le monde à la victoire », prétendant assurer la défense 
« de la civilisation », c’est dans une logique de guerre de grande 
envergure qu’il a décidé d’entraîner le monde.
 

Appuyé par ses fidèles vassaux, les principaux gouvernements européens, il 
a ainsi autorisé à partir du 7 octobre, des actions de guerre en 
Afghanistan et contre les « soixante autres Etats » qu’il soupçonne de 
favoriser le terrorisme.
 

Ainsi, quelques uns des pays les plus riches du monde s’en prennent 
militairement, à l’aide d’une technologie hyper sophistiquée à un des pays 
les plus démunis de la planète. Pour mener cette guerre, le gouvernement 
des Etats Unis a débloqué 40 milliards de dollars, ce qui correspond 
exactement au double du PIB de l’Afghanistan en 1997.
 

Une fois encore ce sont les populations civiles, en l’occurrence une 
population meurtrie par 22 ans de guerre, par la famine et la terreur 
imposée par les talibans, qui font les frais de la politique de guerre. Et 
durant toutes ces nuits, durant tous ces jours, c’est la terreur qui 
s’installe dans les villes et les campagnes d’Afghanistan.
 

Alors qu’ils prétendent pratiquer la guerre propre, chirurgicale, cette 
guerre qui frapperait un ennemi au fond d’une grotte sans pour autant 
casser la vaisselle, le général Richard Myers dévoile carrément les 
intentions : ils veulent raser à zéro la ville de Kandahar.
 

En prenant l’initiative d’ actions de guerre, en décrétant le « choc des 
civilisations », le gouvernement des Etats Unis d’Amérique prend le risque 
d’une instabilité mondiale accrue. Il dresse une partie de l’humanité 
contre plus d’un milliard de musulmans.
 

En annonçant à l’ONU qu’il considère avoir carte blanche pour frapper de la 
même manière les « autres 61 Etats complices des terroristes », le 
gouvernement américain n’a pas seulement provoqué la « consternation » de 
M. Kofi Annan. Il prend surtout le risque d’une extension du conflit, de 
l’agression contre d’autres peuples et d’une aggravation de l’insécurité 
internationale.
 

Il provoque également un repli identitaire porteur de risques majeurs pour 
la sécurité des populations qui, malgré elles, participent, par 
gouvernements interposés, à l’effort de guerre.
 

De plus, la logique de guerre, réduit fortement les droits et les libertés 
démocratiques. Déjà, aux Etats Unis comme dans les principaux pays 
occidentaux, des mesures limitant les droits démocratiques sont prises.
 

Hier, c’est la censure de fait sur la presse qui a été instaurée par 
l’administration Bush. Aujourd’hui, 55 millions d’écolier américains sont 
appelés à jurer la fidélité au drapeau!
 

Fichage de la population, contrôle du courrier électronique, élargissement 
des pouvoirs policiers et mise au pas de la presse, réduite à une simple 
courroie de transmission en tenue de combat, reviennent sur le devant de la 
scène.
 

Cette logique ne se limite pas aux Etats Unis d’Amérique.

Déjà les gouvernements d’Europe ont pris l’initiative de limiter les droits 
constitutionnels en autorisant par exemple le contrôle du courrier 
électronique ou en déployant l’armée.
 

En Suisse aussi, les pressions américaines sont grandes pour que l’armée 
soit déployée à Genève « pour protéger les intérêts américains ».
 

Cette logique de guerre est donc celle, aussi, de la militarisation de la 
société!
 

Face à cette situation, nous nous prononçons:

1) Pour l’arrêt immédiat des opérations de guerre contre l’Afghanistan et 
le retrait de toutes les troupes occidentales du Moyen Orient, de 
l’Ouzbékistan et du Golfe d’Oman. 
 
2) Pour la distanciation de la part du Conseil fédéral de l’effort de 
guerre américain et pour l’interdiction de l’utilisation de l’espace aérien 
suisse par des troupes et des avions militaires se dirigeant vers le Moyen 
Orient. 
 
3) Pour la mise sur pied d’un véritable programme international d’aide 
alimentaire aux populations d’Afghanistan. 
 
4) Pour l’annulation unilatérale de la part de la Suisse de la dette des 
pays du Tiers Monde, source de la pauvreté et de l’humiliation qui 
constituent le creuset du terrorisme. 
 
5) Contre toute logique d’union sacrée et de limitation des droits 
démocratiques, notamment contre la mise au pas des organes d’information et 
contre les contrôles accrus de la population. 
 
6) Contre toutes les formes de xénophobie et de racisme prétendant une 
supposée supériorité de la civilisation occidentale. 
 
7) Nous appelons par conséquent la population à se mobiliser pour dénoncer 
la propagande militariste, pour exiger la fin immédiate des opérations 
militaires et pour contrer et les mesures racistes et limitatives des 
droits démocratiques. 
 
C’est de cette manière, que les populations pourront sortir de la fausse 
alternative posée par M. Bush. C’est la seule manière de n’être ni pour la 
terreur des talibans, ni pour la terreur d’Etat , mais pour l’avenir, un 
avenir démocratique et solidaire.
 

Pour cela, nous invitons toutes et tous à la manifestation que nous 
organisons à Berne ce samedi à 15h00
 

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