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Service civil

La pratique de l'examen de conscience sera-t-elle enfin abandonnée?

Auteur(s): Anouk Henry, CMLK

Date: 30/10/2002

La Commission de la politique de sécurité (CPS) du Conseil national doit se 
prononcer jeudi sur la question de la suppression de l'examen de 
conscience de la procédure d'admission au service civil. Ceci après qu'un 
coup de théâtre lors de la séance plénière au printemps a vu s'allier 
l'UDC et la gauche pour renvoyer le projet de révision en Commission. 
Cette dernière traitera également une pétition de 18'000 signatures 
déposée notamment par le Comité suisse pour le service civil et le Centre 
Martin Luther King, demandant un assouplissement des procédures 
d'admission au service civil.
 
Lors de la session de printemps, le Conseil national aurait dû accepter 
sans autre le projet de révision de la loi sur le service civil proposé par 
la CPS. Or, une coalition formée par l'UDC et de la gauche a, contre toute 
attente, accepté une proposition du conseiller national indépendant Roland 
Wiederkehr de renvoyer le projet en commission. Si les motifs étaient très 
différents – les socialistes et les verts voulaient une loi mieux adaptée, 
l'UDC souhaitaient au contraire retarder la révision –, la consigne était 
claire: supprimer l'examen de conscience de la procédure d'admission au 
service civil et introduire la preuve par l'acte, soit la disposition à 
accomplir un service civil plus long que le service militaire.
 
Actuellement, la procédure est excessivement lourde et contestable: la 
Suisse reste un des seuls pays d'Europe où des jeunes, pourtant disposés à 
faire un service civil plus long que le service militaire, sont encore 
envoyés en prison parce qu'ils n'ont pas réussi à rendre leur conflit de 
conscience crédible. Le caractère inquisitoire de l'examen de conscience 
entre en contradiction avec les valeurs démocratiques de la Suisse, comme 
l'a d'ailleurs dénoncé en mars Amnesty International.
 
La proposition d'une procédure d'admission au service civil basée sur la 
preuve par l'acte est plus respectueuse de la liberté de croyance et 
d'opinion inscrite dans la Constitution et dans la Déclaration des droits 
de l'homme. De plus, elle est également compatible avec l'article 
constitutionnel sur l'obligation de servir, comme en a témoigné un récent 
rapport de l'Office fédéral de la justice. Moins restrictive, cette 
procédure permettrait par ailleurs d'intégrer au service civil un nombre 
important de jeunes qui actuellement se font réformer de l'armée pour des 
raisons médicales. Les personnes réformées sont en constante augmentation 
et représentent plus de 40% des conscrits.
 
A l'agenda de la Commission figure également une pétition déposée par 
différents mouvements pacifistes, notamment le Centre Martin Luther King et 
le Comité suisse pour le service civil. Cette pétition, qui demande la 
suppression de l'examen de conscience, avait été déposée suite à la grève 
de la faim d'un jeune objecteur de conscience emprisonné à Lucerne après 
avoir été refusé au service civil, son conflit de conscience n'ayant pas 
été jugé suffisamment crédible. 
 
Pour le Centre Martin Luther King
Anouk Henry, responsable du service civil

Des informations complémentaires sont disponibles sur le site www.cmlk.ch

Voir http://www.cmlk.ch/.

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