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Une victoire pour le service civil et la Suisse pacifiste

Le GSsA et d’autres organisations étaient déjà prêts à organiser le référendum. Nous n’attendions plus que le vote final au Parlement. Néanmoins, de manière tout à fait inattendue, le Conseil national a heureusement refusé les nombreuses détériorations de la loi sur le service civil.

Au final, ce fut une défaite massive pour la cheffe du DDPS, Viola Amherd, et pour toute l’armée. En 2019, le Conseil fédéral avait décidé de réduire le nombre d’autorisations pour le service civil de remplacement. Cette révision de la loi sur le service civil représentait une attaque politique claire contre cette alternative à l’armée, car les effectifs de cette dernière n’ont jamais été fondamentalement menacés ces dernières années. Mais ce durcissement des conditions d’accès au service civil servait également à atteindre un autre but : une fois dans l’armée, il faut y rester.

Depuis des décennies, le GSsA s’engage pour un service civil fort comme alternative au service militaire obligatoire. La lutte pour le  service civil a été un processus long et difficile. En effet, pendant des décennies, des centaines d’hommes qui ne voulaient pas faire leur service militaire pour des raisons de conscience étaient emprisonnés chaque année. En 1992 enfin, 82 % de la population suisse s’est montrés favorables à l’introduction du service civil. La loi qui a permis la mise en œuvre du service civil est entrée en vigueur quatre ans plus tard. Cela fait de la Suisse l’un des derniers pays d’Europe à proposer cette alternative. Et jusqu’en 2009, toute personne souhaitant passer au service civil devait se soumettre à un examen de conscience.

Un retour en arrière a ainsi pu être évité pour l’instant. Cependant, la prochaine attaque
bourgeoise a déjà été lancée. En effet, à la mi-septembre, le PLR a proposé une motion en faveur d’un « service citoyen ». L’argumentation est la même que lors des attaques contre le service civil : les effectifs de l’armée doivent être assurés, et les femmes devraient elles aussi accomplir ce service à l’avenir, et ce, sous prétexte d’égalité. Pourtant, les femmes doivent déjà endosser beaucoup de charges car, en plus de la formation et du travail, elles doivent souvent assumer un travail de care non rémunéré.

Le fait que les sympathisants de l’armée s’appuient de plus en plus sur la contrainte et, comme récemment lors de la votation sur les avions de combat de luxe sur le réarmement, est une réaction claire au fait que l’armée est de moins en moins acceptée en Suisse. Le GSsA continuera à s’engager pour s’opposer aux idées dépassées de l’armée.

Par Kish Paul