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Une quasi-unanimité en faveur d’un changement de cap

Le Conseil fédéral se montre actuellement peu rassembleur sur les questions d’armement. Si le projet Air2030 suit son court, les prises de position des grands partis sur « l’arrêté relatif au renouvellement des moyens de protection de l’espace aérien » révèlent un manque d’engouement pour la méthode de Guy Parmelin. Par Nicolas Félix

Le GSsA s’est d’ores et déjà dit prêt à emprunter la voie référendaire contre l’acquisition
de nouveaux avions de combat. Face à cela, par crainte de ne pouvoir recueillir une majorité
avec le projet Air2030, le PDC voudrait voir le paquet déficelé. Le peuple pourrait ainsi ne dire
mot que sur l’acquisition des jets de combat, comme le requièrent les dernières votations
sur ce même objet. Du côté du PLR, cette acquisition devrait passer directement par le programme d’armement ordinaire,sans aucune possibilité de référendum. Les revirements de bord d’élu-e-s bourgeois-se-s (voir notre dernière édition) démontrent clairement que cette frange de la droite ne tient pas à la tenue d’une votation populaire sur ce sujet.

Rare soutien à la stratégie de Guy Parmelin
L’UDC fait figure de seul soutien de poids à cet arrêté, préservant ainsi son ministre de la
critique.Afin de financer le projet d’acquisition, elle préconise cependant un accroissement considérable des moyens alloués à l’armée de 900 millions par an durant 10 ans. Dans un contexte
budgétaire tendu,le contribuable n’en aurait pas fini de passer à la caisse pour de l’armement.

Des critiques sur le fond
À gauche, l’arrêté de planification est rejeté sans surprise. Les Verts ciblent notamment l’opacité d’un processus d’acquisition qui ne détaille ni le type de matériel et le nombre d’unités, ni la répartition financière entre les avions et la défense sol-air. De son côté, le Parti socialiste pointe du doigt un projet inadéquat aux besoins de la Suisse. D’une part, la grande majorité des missions effectuées dans le ciel helvétique ne requièrent pas l’emploi d’avions aussi sophistiqués que les modèles envisagés. D’autre part,malgré cette sophistication, le champ d’intervention de ces jets se restreint à un nombre limité de menaces aigues. Pour un coût astronomique, ils représentent un moyen de protection lacunaire, plus enclin à accroître le sentiment de sécurité qu’à répondre aux besoins réels.

Faire machine arrière
Le GSsA critique la perspective d’un vote sur un chèque en blanc de 8 milliards qui manque
totalement de transparence. De plus, selon le DDPS, une guerre dans le ciel helvétique est
irréaliste. La flotte aérienne suisse doit être dimensionnée pour assurer des missions de police
de l’air. Jusqu’en 2035 au moins, les 30 F/A-18 actuellement disponibles sont plus que suffisants pour les réaliser. Bien qu’il ne nous ait pas habitué-e-s à l’autocritique ces derniers
temps, le Conseil fédéral ferait ainsi bien de revoir sa copie et rétablir la transparence !