Communiqué de presse


Un deuxième scandale Mirage nous menace-t-il ?

Le rapport du Contrôle fédéral des finances (CdF) sur la gestion des risques du programme Air2030, publié aujourd’hui, révèle ce que la Coalition contre le F-35 a toujours souligné : il n’y a pas de prix fixe pour la Suisse lors de l’acquisition du F-35. « Le CdF estime qu’il n’existe pas d’assurance juridique d’un prix fixe, au sens de forfaitaire selon la jurisprudence suisse, pour l’acquisition des F-35A. « , peut-on lire dans le résumé du rapport. En outre, le CdF voit également un risque dans les coûts de maintenance, qui pourraient augmenter fortement sur la durée de vie du F-35. Pour cela également, la Coalition a mis en garde depuis le lancement de l’initiative.

L’affirmation du DDPS selon laquelle les prix offerts pour le F-35 sont « définitifs » s’avère fausse. Les révélations de la SRF d’aujourd’hui, selon lesquelles la cheffe du département a toujours été pleinement informée de toutes les négociations entre la Suisse et la France, montrent à quel point le DDPS traite la vérité avec désinvolture. Le département perd ainsi toute crédibilité. « Alors qu’il a toujours été souligné que le F-35 devait être choisi exclusivement en raison de son prétendu meilleur rapport coût-efficacité, il s’avère maintenant que des décisions politiques ont bien joué un rôle dans l’évaluation », déclare Fabien Fivaz, conseiller national Les Vert-e-s.

La Coalition contre le F-35 salue le fait que de nombreuses incohérences et données incorrectes du DDPS soient enfin vérifiées et mentionnées de manière indépendante. Mais de nombreuses questions restent en suspens sur des sujets que le CdF n’a pas abordés, par exemple un audit financier des coûts du F-35 ou une prise en compte de la phase d’évaluation. La Coalition attend que ces questions et d’autres encore en suspens soient clarifiées dans le rapport de la Commission de gestion du Conseil national (CdG-N), qui n’a pas encore été publié. « Au vu de toutes ces incohérences, ce serait un scandale politique si le Conseil fédéral, avec la bénédiction du Parlement, signait les contrats de vente en automne sans qu’une votation populaire puisse avoir lieu », constate Pierre-Alain Fridez, conseiller national PS. « Il semble de plus en plus évident que ce débat public est nécessaire et urgent ».

Ce n’est pas la première fois que la Suisse s’empêtre dans une acquisition d’avions de combat avec des incohérences, des données erronées et des coûts qui s’envolent. Les parallèles avec l’acquisition des Mirage en 1961 sont de plus en plus nombreux. La démarche du Conseil fédéral concernant l’initiative contre le F-35, qui est un facteur supplémentaire, laisse supposer que nous sommes sur la voie d’un nouveau scandale.

Annexe : Explications de la Coalition contre le F-35 sur le rapport du CdF