Communiqué de presse


Le Seco et le Conseil fédéral contournent la loi sur le matériel de guerre

23.09.2022 – Aujourd’hui, le Conseil fédéral a décidé d’exporter du matériel de guerre sous la forme d’environ 6000 munitions de 27 mm vers le Qatar. Le GSsA condamne fermement le fait que la Suisse continue d’exporter du matériel de guerre vers un pays qui viole systématiquement et gravement les droits humains. Le GSsA exhorte le Conseil fédéral à prendre enfin au sérieux le contre-projet à l’initiative de correction entré en vigueur le 1er mai 2022, et à adopter des conditions d’exportation efficaces pour le matériel de guerre.

 

Il y a seulement un an environ, on apprenait que le groupe d’armement suisse Rheinmetall Air Defence voulait exporter au Qatar des systèmes de défense antiaérienne d’une valeur de 210 millions de francs pour la Coupe du monde de football 2022. Le Qatar est dirigé par un régime autocratique et discriminatoire. Les droits humains comptent peu : Human Rights Watch décrit comment les femmes dépendent entièrement de leur mari et sont souvent piégées pendant des années dans des relations avec des partenaires violents. Le Qatar a été accusé à plusieurs reprises de soutenir financièrement des organisations terroristes internationales.  Sur les chantiers de la Coupe du monde de football 2022, plus de 6500 travailleurs immigrés ont déjà perdu la vie en raison des conditions de travail déplorables. Amnesty International parle d’une « Coupe du monde de la honte ». Diverses associations de football appellent à juste titre au boycott de l’événement.

 

« Mais malgré le tollé qui avait suivi jusqu’en Suisse à l’époque, ainsi que le contre-projet à l’initiative correctrice entré en vigueur entre-temps, le Seco refuse toujours de reconnaître la situation catastrophique des droits humains au Qatar et, en conséquence, de ne plus autoriser les livraisons d’armes », estime Pauline Schneider, secrétaire du GSsA. Le fait que des exportations de matériel de guerre vers un pays manifestement autocratique continuent d’être autorisées est une honte, poursuit la secrétaire du GSsA.

 

Le GSsA exige du Seco et du Conseil fédéral qu’ils adaptent enfin les critères d’exportation de matériel de guerre de manière à ce qu’ils soient conformes au texte de l’initiative correctrice : Aucune arme suisse ne doit être livrée à des Etats qui peuvent ainsi maintenir par la violence leur régime autocratique et discriminatoire. Pauline Schneider ajoute : « Le fait que le lobby de l’armement puisse continuer à exercer un tel pouvoir et donc, dans les faits, faire passer son propre profit avant le bien-être des populations des régions concernées est tout simplement insoutenable ». Le GSsA continuera à s’engager pour qu’un contrôle démocratique par le Parlement et la population empêche les exportations de matériel de guerre vers des régimes autocratiques.