Communiqué de presse


Nous ne tendons pas la main à un pseudo-vote !

20.09.2022 – Hier, deux représentants d’Armasuisse ont signé le contrat d’achat du F-35, mettant ainsi un point d’orgue à un processus antidémocratique et enterrant définitivement la démocratie directe. La Coalition ne forcera pas une pseudo-votation où la population n’aura pas son mot à dire sur la décision d’achat proprement dite. Un vote après la signature du contrat ne serait rien d’autre qu’une farce démocratique. Pour cette raison, la Coalition contre le F-35 retirera son initiative populaire, mais reste convaincue que le F-35 est un mauvais achat et un risque de plusieurs milliards pour la Suisse. 

Sans hésiter, le chef de l’armement Martin Sonderegger et le chef de projet Darko Savic ont signé lundi les contrats d’achat du F-35. Bien qu’il y ait eu un délai jusqu’au 31.03.2023, Armasuisse a décidé de procéder à la signature le plus rapidement possible. Cette date symboliquement précoce montre une fois de plus le peu de valeur que Viola Amherd accorde à la démocratie directe. 

Au printemps, les partis bourgeois et la conseillère fédérale Viola Amherd ont annoncé qu’ils signeraient le contrat d’achat du F-35 avant une votation populaire. Auparavant, la conseillère fédérale en personne avait appelé à stopper la récolte de signatures pour l’initiative. Malgré cette ingérence des autorités et une phase de récolte pendant la pandémie, l’initiative a été déposée début août, moins d’une année après son lancement. Et voilà que pendant la session d’automne, il s’est avéré que les Etats-Unis auraient même été prêts à prolonger le délai des contrats d’achat, mais que le DDPS préférait faire passer l’affaire en douce, sans passer par une votation populaire. 

« L’initiative est plus que justifiée », explique Fabien Fivaz, conseiller national Les VERT-ES. « En témoignent les nombreuses fausses déclarations du DDPS, les risques financiers confirmés par la Cour des comptes américaine, les expériences négatives d’autres pays, la problématique massive du bruit, l’échec du Conseil fédéral lors de l’évaluation du type, les nombreux défauts techniques du F-35, la procédure opaque lors du choix du type ainsi que les prix fixes dans le contrat de vente qui ne sont toujours pas confirmés ». La liste est longue et semble s’allonger chaque semaine de scandales et d’incohérences.

Mais c’est le Conseil fédéral qui a le dernier mot. Pauline Schneider, secrétaire du GSsA, déclare à ce sujet : « Organiser une votation populaire avec des contrats de vente déjà signés serait une mascarade démocratique. La population voterait sur un objet qui n’aurait aucun effet, quel que soit le résultat. De nombreuses personnes perdraient leur confiance dans la démocratie avec un tel pseudo-vote. Nous ne pouvons et ne voulons pas prendre ce risque. Pour nous – contrairement aux partis de droite – la démocratie est trop importante pour cela ». Pour ces raisons, la Coalition contre le F-35 a décidé, après de longues et intenses réflexions et discussions, de retirer l’initiative « Stop F-35 ». C’est une décision douloureuse, prise à contrecœur. Le reste n’a malheureusement pas de sens.

Fabien Fivaz ajoute : « Le Conseil fédéral et le Parlement – spécialement les partis bourgeois – ont rendu impossible, par manque de volonté politique, l’organisation d’un vote démocratique. Le prix à payer pour cela est un affront monumental pour la démocratie directe en Suisse. Les risques et les problèmes de cette acquisition ont été mis sur la table grâce à cette initiative, mais un large débat public a été empêché par le comportement antidémocratique du Conseil fédéral. Lorsque ces problèmes apparaîtront lors de l’utilisation du F-35, personne ne pourra dire qu’on ne l’avait pas vu venir ». La Coalition contre le F-35 suivra de près la suite du processus d’acquisition et continuera à émettre de vives critiques en cas de désaccord.