Communiqué de presse


Encore un semestre d’exportations scandaleuses !

Au cours du premier semestre de 2021, la Suisse a continué d'exporter pour des millions francs de matériel de guerre vers des pays impliqués dans des guerres civiles et des violations des droits humains, selon les chiffres des exportations publiés aujourd’hui par le Secrétariat d’État à l’économie (Seco).

Alors que le monde est encore concerné par une pandémie, et que les guerres continuent dans plusieurs régions, les exportations d’armes ne s’arrêtent pas pour autant : Au cours du premier semestre de 2021, du matériel de guerre a été exporté pour un montant total de 204 millions de francs. Bien que les chiffres du premier semestre soient légèrement inférieurs à ceux de la même période en 2020, ils restent très élevés sur une moyenne à long terme.

Plus particulièrement, les exportations de matériel de guerre envers les pays impliqués activement dans la guerre du Yémen battent toujours leur plein. Par exemple, au cours du premier semestre de 2021, la Suisse a exporté du matériel de guerre pour une valeur de 10,5 millions de francs suisses vers les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Koweït et, surtout, l’Arabie saoudite. « En exportant des armes vers des pays impliqués dans des guerres civiles ou violant les droits humains, la Suisse se rend complice de ces crimes », a commenté Pauline Schneider, secrétaire du GSsA.

La Hongrie est également concernée par ces exportations, en recevant pour plus de 2 millions de munitions pour les armes individuelles à épauler et les armes de tout calibre. Malgré la condamnation de la Cour européenne de justice, la Hongrie continue de procéder à des expulsions illégales de réfugié-e-s et est critiquée régulièrement pour les mauvais traitements qu’elle leur inflige. Les exportations vers les pays à régime autocratique que sont le Pakistan et le Brésil sont également extrêmement problématiques en raison des fréquentes violations des droits humains. « Nous sommes au cœur d’une pandémie depuis plus d’un an – au lieu d’exporter du matériel de guerre et de profiter ainsi de la souffrance infligée d’autres personnes, nous ferions mieux de contribuer à la lutte contre la pandémie partout dans le monde », déclare Pauline Schneider.

Au vu de ces exportations, il est une fois de plus évident que davantage de contrôles sont nécessaires : ces chiffres scandaleux montrent l’importance de l’initiative correctrice contre les exportations d’armes dans les pays en guerre civile, ou ne respectant pas les droits humains.