Communiqué de presse


Décision inacceptable de la Commission de la politique de sécurité (CPS) – Le peuple doit pouvoir se prononcer sur le plus grand contrat d’armement de l’Histoire suisse

La Coalition contre le F-35 condamne avec la plus grande fermeté la décision prise aujourd’hui par la CPS de signer le contrat d’achat des avions de combat F-35 sans attendre le résultat de l’initiative populaire contre l’acquisition du F-35. Il s’agit non seulement d’une décision choquante du point de vue démocratique, mais cela montre également une intention d’éviter un débat de fond sur l’acquisition de ces jets F-35, avant la publication des rapports de la Commission de gestion (CdG) et de la Commission des finances (CdF). 

Par sa décision d’aujourd’hui, la Commission de la politique de sécurité du Conseil national a une nouvelle fois prouvé à quel point elle craint de mener un débat public basé sur des faits concernant l’acquisition de nouveaux avions de combat F-35. Bien que deux rapports potentiellement explosifs de la CdF et de la CdG soient encore en suspens, le Conseil fédéral doit être chargé de signer les contrats d’achat sans attendre la votation populaire. Ainsi, les électrices et électeurs n’auront pas la possibilité de se prononcer sur le plus gros contrat d’armement de l’Histoire suisse. Fabien Fivaz, conseiller national Les Vert•e•s, déclare à ce sujet : « Le F-35 est et reste un risque financier considérable qui coûtera des milliards de plus aux contribuables que ce que le DDPS prétend aujourd’hui. Il est donc absolument juste que la population suisse puisse participer aux décisions concernant la plus grande affaire d’armement de l’Histoire suisse ». 

Les membres de la Coalition Stop F-35 ne sont pas les seul•e•s à s’inquiéter de cette dérive financière. Lors de la présentation du budget fédéral, le conseiller fédéral et ministre des finances Ueli Maurer s’inquiétait lui aussi des dépenses supplémentaires exorbitantes pour l’armée dans les années à venir, et parle d’un déficit de 7 milliards en 2024 dans son scénario fiscal digne d’un film d’horreur. Si l’on jette un coup d’œil à l’étranger, les dépenses supplémentaires annuelles pour le F-35 ne sont pas une exception, mais bien la norme, confirme Pauline Schneider, secrétaire politique au GSsA. « Récemment encore, un rapport de Greenpeace Allemagne a démontré que les coûts d’entretien du F-35 quadruplaient pendant sa période d’utilisation. Il faudrait donc prendre des mesures d’économie massives dans d’autres domaines importants pour la sécurité, comme la protection du climat, mais aussi au sein du Département de la défense. C’est tout simplement de la négligence ».

La Coalition met cependant tout en œuvre pour mettre en place un débat critique sur l’acquisition des F-35. Pierre-Alain Fridez, conseiller national PS, souligne : « La balle est maintenant dans le camp du Conseil fédéral. C’est une question de volonté politique de faire en sorte qu’un vote puisse avoir lieu avant l’expiration de l’offre du constructeur américain Lockheed Martin, en mars 2023 ». La Coalition demande donc au Conseil fédéral d’adopter le message sur l’initiative lors de la première séance du Conseil fédéral après la pause estivale, et de permettre ainsi une décision démocratique. « Les rapports des organes de contrôle fédéraux devraient servir de base de décision et, en conséquence, être pris au sérieux. Tout le reste est un affront à notre démocratie », constate Pierre-Alain Fridez. Avec un total actuel de 111’500 signatures récoltées, l’initiative en est à son sprint final.