Communiqué de presse


Chiffres records pour les exportations d’armes suisses

En 2019, la Suisse a exporté des armes pour une valeur de 728 millions de francs : C’est la valeur la plus élevée depuis l’année record de 2011 (827,7 millions). Par rapport à 2018, la Suisse a vendu 43% d’armes en plus à l’étranger. Parmi les pays qui achètent des armes suisses figurent des pays comme le Bangladesh, le Pakistan, la Malaisie, le Bahreïn et l’Arabie saoudite.

Alors que l’industrie de l’armement et son lobby à Berne déplorent que l’industrie suisse de l’armement soit en difficulté, les derniers chiffres du Secrétariat d’État à l’économie (Seco) montrent une image différente : L’année 2019 a été une année de record absolue pour l’industrie de la défense suisse. Cette même année, des livraisons ont également été effectuées dans des pays dans lesquels les droits de l’homme sont massivement violés. Un rapport d’Amnesty montre que plusieurs centaines de personnes ont été abattues au Bangladesh ces dernières années. Or la Suisse a livré des armes à ce pays pour plus de 55 millions de francs. Les livraisons d’armes à des pays comme le  Bahreïn ou l’Arabie saoudite, qui sont impliqués dans la guerre du Yémen, sont également extrêmement problématiques.

La Suisse alimente également le conflit hautement explosif entre l’Inde et le Pakistan avec des livraisons d’armes au Pakistan s’élevant à près de 14 millions de francs – ce qui ne peut guère être dans l’esprit de la promotion internationale de la paix.

Le secrétaire du GSsA, Thomas Bruchez, commente les chiffres présentés aujourd’hui : « Les exportations d’armes vers des pays impliqués dans des guerres et des conflits qui viole gravement les droits de l’homme ne doivent plus être autorisés. C’est précisément la raison pour laquelle l’initiative correctrice contre les exportations d’armes vers les pays en guerre civile est nécessaire». Il ajoute : « Cependant, les livraisons à d’autres États (comme les membres de l’OTAN) doivent également être critiquées, car il y a toujours le risque que les armes soient finalement utilisées dans des guerres et des conflits. La Suisse, en revanche, doit exporter la paix et non la guerre ».