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L’armée crache sur la mémoire des morts de 1932. Le GSsA réagit!

La Société militaire du canton de Genève a choisi d’organiser une séance d’information destinée aux député-e-s au Grand Conseil, le jour même de la commémoration du 9 novembre 1932 et des 13 personnes tuées par l’armée ce jour-là. Le GSsA n’a pas laissé passer ça!

Une action a été organisée à la Rue des Granges, où la « rencontre politico-militaire 2018 » avait lieu. Le 9 novembre l’armée n’a qu’un droit, celui de se taire. Le 9 novembre n’est pas un jour comme les autres à Genève. En 1932, à l’occasion d’une manifestation antifasciste, l’intervention de l’armée faisait 13 morts et 65 blessé-e-s. Les militant-e-s touché-e-s s’étaient mobilisé-e-s contre un rassemblement fasciste à la salle communale de Plainpalais. Depuis ce tragique évènement, la mémoire de ces personnes mortes en dénonçant le fascisme – mais dont la réhabilitation a été refusée par le Conseil des État en juin dernier – est commémorée chaque année.
Une inacceptable provocation
Dès lors, difficile de comprendre que la Société militaire du canton de Genève ait pu estimer de bon ton d’organiser une soirée « réservée à l’ensemble de la classe politique genevoise » aujourd’hui. Au programme de cette « Rencontre politique-militaire 2018 » figurait un exposé des « missions, emplacements, enjeux et projets de l’armée sur un plan régional ». Cette provocation de la Société militaire, qui montre un mépris flagrant des victimes de l’armée ou la volonté de détourner l’attention de cet évènement, ne pouvait rester sans réponse.
Une inévitable réaction
A l’heure où les droites réactionnaires, nationalistes et néofascistes se renforcent et où les tentatives de réécrire certaines pages de notre histoire se multiplient, une réaction à l’organisation de cette rencontre était nécessaire. Une action a donc été organisée pour remémorer l’événement historique aux participant-e-s, qui se sont vus empêchés d’accéder au bâtiment où la conférence avait lieu par une vingtaine de corps allongés au sol. Dans le même temps, une bande son relatait les évènements de 1932 et des images d’archives étaient projetées. Dépêchée sur les lieux, la police a évacué les militant-e-s afin de permettre à la rencontre de se dérouler, avec plus de 30 minutes de retard. Dans la salle, un député de gauche a lu les noms des 13 morts du 9 novembre et exigé qu’une minute de silence soit observée en leur mémoire.
Salie par cette provocation inadmissible, la mémoire des morts de 1932 a été défendue par les militant-e-s mobilisé-e-s ce soir. Espérons que l’armée ait compris le message…