Histoire

-1982- Fondation du GSsA

Le 12 septembre 1982, 120 personnes fondaient le Groupe pour une Suisse sans Armée au restaurant « Kreuz » à Soleure, dans le but de lancer une initiative populaire pour abolir l’armée suisse.

 

-1986- Première initative pour l’abolition de l’armée

L’initiative «Pour une Suisse sans armée et une politique globale de paix» a été lancée le 21 mars 1985, après près de 3 ans de discussions. La récolte, essentiellement en Suisse alémanique mais aussi dans les autres régions linguistiques, aboutit grâce à un effort volontariste. L’initiative est validée avec 111’300 signatures valables.

 

-1987- Censure sur la télévision suisse !

La télévision suisse refuse de montrer le film « le rêve de vaincre la vache la plus sacrée » de Roman Brodmann. Au lieu de cela, la 1ère chaîne de télévision allemande diffuse un documentaire sur le GSsA.

 

-1989- Fin de l’armée via les urnes?

En 1988, le Conseil fédéral publie son message sur l’initiative: «La Suisse n’a pas d’armée, elle est une armée», dit-il dans son introduction. La classe politique est quasi-unanime pour rejeter l’initiative. La votation est agendée pour le 26 novembre 1989. Les sociétés militaires et patriotiques se mobilisent. Les messages de propagande inondent les citoyens sous les drapeaux. Le Conseiller fédéral Villiger dit imprudemment qu’un résultat de 20% de oui serait une catastrophe. En face, la mobilisation de militant-e-s, jeunes et moins jeune, est aussi à la hauteur du défi.

Début novembre 1989, le Mur de Berlin tombe, suite aux réformes en Union soviétique et à l’exode des Allemands de l’Est, des Hongrois et des Tchécoslovaques vers l’Ouest. Le jour de la votation, le résultat tombe, incroyable: 1’052’218 citoyen-ne-s (35,6 %) ont dit oui, avec une participation record. Genève et le Jura acceptent l’initiative. C’est un formidable séisme politique.

 

-1990- Appel au refus de servir par le GSsA

En 1990, le GSsA lance un appel au refus collectif de servir, suite aux révélations sur l’armée secrète P26 et le service de renseignement clandestin P27. Les objecteurs de conscience devaient affronter les tribunaux en se réclamant d’un mouvement, afin d’obtenir l’introduction d’un service civil. Les tribunaux jugent néanmoins les objecteurs au cas par cas, ce qui est un semi-échec. L’auditeur en chef de l’armée Barras (l’accusateur ou procureur) propose une révision du code pénal militaire qui introduit une distinction entre «bons» objecteurs qui refusent pour des raisons de conscience et qui peuvent obtenir une condamnation à une astreinte au travail (une ébauche de service civil), et «mauvais» objecteurs, qui refusent pour raisons politiques ou de convenance personnelle et continuent à être condamnés à des peines de 8 mois de prison ferme environ. Le GSsA participe à la récolte de signatures contre cette révision, qui est néanmoins acceptée par le peuple en juin 1991.

 

-1992- Record : Un demi-million en seulement 32 jours contre les F/A-18! / Introduction du service civil!

En 1992, le parlement décide de l’achat de 34 avions de combat F/A-18 pour la modique somme de 3,5 milliards de francs. Le GSsA décide alors de lancer une initiative pour une Suisse sans nouveaux avions de combat. En un mois, 503’519 signatures sont récoltées. Au mois de mai, suite à une initiative parlementaire, le principe d’un service civil est largement plébiscité par le peuple. La loi n’entrera en vigueur qu’en 1996, suite à d’âpres discussions parlementaires.

 

-1993- Vote sur les F/A-18 / GSsA prône des solutions civile en ex-Yugoslavie

L’initiative contre les avions est traitée en un temps record et la votation est agendée pour le 6 juin 1993. Le Conseiller fédéral Villiger réussit à détourner le débat de l’opportunité d’acheter les F/A-18 en prétendant que le GSsA voulait l’abolition de l’armée par tranches successives. A l’étranger, c’est la guerre en ex-Yougoslavie, avec les scènes de la ville croate de Vukovar dévastée par les Serbes que les opposants à l’initiative affichent sur tous les murs. Le ban et l’arrière-ban des sociétés patriotiques sont mobilisés. L’initiative récolte pourtant un succès d’estime avec 42,9% des votants.

 

-1994- Le GSsA soutient les organisations pacifistes au Balkan

En 1994 a lieu une votation sur la création d’un corps suisses de Casques bleus pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU, alors que la Suisse n’en faisait pas partie à l’époque. Le débat est intense au GSsA entre partisans des soldats de la paix et opposants au système onusien aux mains des principales puissances du globe. Finalement, le mot d’ordre du vote blanc est acquis au niveau national et les groupes romands font une campagne pour le non. Au final, le peuple dira non. A cette époque aussi, le GSsA soutient activement dans toutes les régions de l’ex-Yougoslavie les mouvements locaux qui s’opposent à la guerre et qui cherchent à trouver des solutions pacifiques aux conflits qui minent ces pays. Avec le Service Civil International, le GSsA lance un projet de reconstruction de la ville divisée de Pakrac.1

 

-1996- Lancement de la deuxième initiative pour l’abolition de l’armée

En 1996, le GSsA prend l’option du lancement de deux nouvelles initiatives. Le groupe de Genève lance aussi une initiative « Genève, République de paix », pour concrétiser l’image antimilitariste et pacifiste du canton avec des mesures d’éducation à la paix, le soutien à des efforts internationaux pour la paix etc.

La première initiative demande l’abolition de l’armée, la seconde la création d’un service civil volontaire pour la paix comme contribution solidaire de la Suisse à la politique de sécurité internationale. De mars 1998 à septembre 1999, c’est une nouvelle campagne de récolte de signatures. Finalement, elles aboutissent avec respectivement 110 855 et 113 532 signatures validées.

 

-1999- La Suisse adhère à l’ONU

En décembre 1999, le GSsA donne un coup de main pour faire aboutir l’initiative pour l’adhésion de la Suisse à l’ONU.

 

-2001- La deuxième initiative pour l’aoblition de de l’ramée et l’initiative pour un service civil en faveur de la paix sont refusées/ Référendum contre la nouvelle loi militaire

Début octobre 2000, le GSsA a lancé, avec d’autres organisations, un référendum contre la nouvelle loi militaire. Les signatures proviennent en majorité du GSsA, mais aussi de l’extrême droite blochérienne. La presse se déchaîne violemment contre les extrémistes de gauche comme de droite, malgré l’aspect solidaire de notre opposition à la loi et notre initiative pour le service civil volontaire pour la paix comme alternative concrète et civil à la résolution des conflits. Le 10 juin 2001, le peuple accepte la loi de justesse (51%).

Le répit est de courte durée car la campagne sur nos initiatives démarre presque immédiatement en septembre. Les attentats du 11 septembre puis la guerre d’Afghanistan sont une douche froide. Le GSsA peine à mener de front l’indispensable lutte anti-guerre et la défense de ses initiatives.

Finalement, le 2 décembre 2001, nos initiatives n’obtiennent respectivement que 21,9% et 23,2% des voix. Nous caressions quand même l’espoir de voir passer l’initiative pour un service civil volontaire pour la paix. Mais les médias se sont cristallisés sur l’autre sujet et n’ont que peu relayé ce projet. Les nombreuses organisations pacifistes qui soutenaient le texte n’ont pas suffisamment fait entendre leurs voix. Finalement, comme le démontrent nos échecs nationaux et cantonaux, il est sans doute illusoire de vouloir faire passer un projet de paix à travers un vote populaire.

 

-2003- Compagne contre les interventions au Moyen-Orient

En 2002, le GSsA a fait une petite campagne en faveur de l’entrée de la Suisse dans l’ONU. Les campagnes antiguerre continuent à guider nos activités (Israël-Palestine et Irak) comme la lutte anti-mondialisation (diverses manifestations et mobilisations autour du Forum Social Européen de Florence).

Le GSsA participe donc aux réflexions vers la construction d’un autre monde, à travers la lutte contre le militarisme et les guerres qui sont le fruit des énormes inégalités dans
le monde. Les succès des mobilisations de Florence et l’intérêt des citoyen-ne-s pour la lutte contre les guerres montre que notre action et notre présence restent indispensables. Il a notamment participé au contre-sommet du G8 à Evian en France voisine. Sur le plan suisse, il est à craindre que l’armée nous prépare quelques projets démesurés et dangereux à l’avenir, sans compter les activités de soutien aux victimes du service militaire que nous continuons à assurer.

 

-2006- Lancement de l’initiative pour l’intediction de l’expotration de matériel de guerre

Le GSsA lance une initiative pour l’interdiction d’exporter du matériel de guerre le 27 juin 2006.

 

-2007- Espion au GSsA! / nt de l’itve pour la protection face à la violence des armes / Dépôt de l’initiative pour l’interdiction de l’exportation de matériel de guerre

La protection d’Etat genevoise introduit clandestinement un agent dans le GSsA. Deux ans plus tard, le GSsA démasque un agent provocateur de l’agence de lobby d’armement, Farner. L’agence voulait connaître les plans du GSsA sur le vote de matériel de guerre. Déjà dans les années 1980, les services publics avaient surveillé intensément le GSsA.
En septembre, une large alliance lance l’initiative fédéral « pour la protection face à la violence des armes » pour réduire le nombre d’armes à feu en Suisse.
En septembre, le GSsA dépose 110’000 signatures valables pour une interdiction des exportations de matériel de guerre.

 

-2008- L’initiative contre des nouveaux avions de combat

En juin, le GSsA lance l’initiative de peuple « contre de nouveaux avions de combat » qui exige un moratoire de 10 ans pour l’approvisionnement de nouveaux avions de comat.

 

-2009- Rejet de l’initiative contre des nouveaux avions de combat / Pas d’aide militaire suisse dans le cadre de l’opération / Plusieurs initiatives déposées

Malgré la campagne habile et engagée, la peuple suisse refuse l’initiative du GSsA contre les exportation de matériel de guerre. Cependant, le Conseil fédéral promet de ne plus accorder de livraisons d’armes au Pakistan, à l’Egypte et à l’Arabie Saoudite.
Le refus de l’utilisation militaire suisse dans le cadre de l’opération Atalanta en Somalie est l’un des succès les plus grand du GSsA au parlement.

Le 23 février 2009, l’initiative pour la protection face à la violence des armes est présentée. Peu de temps plus tard, le 6 juin, le GSsA dépose l’initiative contre de nouveaux avions de combat.

 

-2010- Retrait de l’initiative contre l’achat de nouveaux avions de combat

Une fois de plus, la question de nouveau avions de combat est sur la table. Cependant le GSsA retire son initiative déjà déposée. En effet, le Conseil fédéral promet jusqu’à la fin du moratoire exigé de n’acheter aucun nouvel avion de combat.

 

-2011- Refus de l’initiative pour la protection face à la violence des armes

Le peuple suisses refuse l’initiative pour la protection face à la violence des armes. 43% des votants ainsi que de 5,5 cantons soutiennent la demande. La Suisse reste toujours l’unique pays dans lequel l’Etat donne au soldat son arme de service à la maison.

 

-2012- Lancement de l’initiative pour l’abrogation du service militaire obligatoire

Avec cette initiative, le GSsA s’est attaqué à un des plus grands tabous de la politique suisse.

 

-2013- Initiative populaire « Oui à l’abrogation du service militaire obligatoire »

C’est avec un peu plus d’un quart des voix pour l’abrogation du service militaire obligatoire que l’initiative a été refusée. Les partis bourgeois ont joués la carte GSsA et ont changer la question de l’initiative en Armée ou non. Qu’avec cette question fondementale plus d’un quart des suisses et suissesse dise tout de même oui est très bon signe.

 

-2014- Non aux Gripen!

En automne 2013 le GSsA lance un référendum contre l’achat de gripen. Avec une alliance d’autres organisations plus de 65‘000 signatures valables ont été récoltés et le 18 mai 2014 l’achat de nouveaux avions de combat est refusé par 53,4% des suisses et suissesses !

 

-2015- Le GSsA lance une campagne contre l’industrie d‘armement

Le GSsA lance la campagne de sensibilisation « Ausgeschossen ». Quatre exigences vont être au centre de cette campagne pour une politique cohérente de paix : l’interdiction des exportations de matériel de guerre, l’interdiction d’investir dans du matériel de guerre, la promotion de la recherche et de l’enseignement civile et affaiblissement du lobby de armes au Parlement fédéral.

 

-2016- GSsA vote en faveur du lancement de l’initiative contre le commerce de guerre

Au printemps, l’assemblée annuelle décide d’élaborer une nouvelle initiative populaire contre les investissements des banques, des compagnies d’assurance et des fonds de pension dans les entreprises de production de matériel de guerre.

 

-2017- Lancement de l’initiative contre le commerce de guerre

Le matin du 11 avril, Louise Schneider a sprayé le mur devant la Banque Nationale avec les mots «l’argent des armes tue». C’est ainsi que l’initiative contre le commerce de guerre a été lancée et que les récoltes de signatures ont commencé.