Tu es plein d’entrain et prêt à accomplir les plus belles prouesses et les meilleurs faits d’armes. Vraiment? A l’armée, ces gens-là sont aussi rares que les loups végétariens dans une bergerie!
On peut survivre à 21 semaines de vie de caserne, parfois même sans subir des dégâts irréparables. Mais c’est aussi une période suffisamment longue pour se faire sa propre opinion sur l’armée. Les chefs et sous-chefs militaires le savent aussi et ils ne se privent pas de t’“informer” de manière unilatérale sur le bien-fondé et l’utilité du service militaire.
Censée défendre la liberté et la démocratie, l’armée n’admet cependant pas de vrais débats ouverts dans ses murs. Par exemple, contre quel ennemi se protéger? Les armes sont-elles efficaces contre les inégalités des richesses et la faim, principales causes de conflits aujourd’hui? Pourquoi s’exercer à des tâches de sécurité intérieure et contre quel adversaire?
Dans l’Anticorps d’armée, tu trouveras quelques informations sur les possibilités alternatives à la vie en gris-vert, sur quelques moyens parmi d'autres d’éviter de devoir grader, ainsi que des adresses utiles pour obtenir des renseignements ou des conseils sur les problèmes militaires. Il y a également une brève présentation du GSsA et de ses activités.
Sommes-nous à côté de la plaque ou est-ce plutôt l’armée suisse qui, n’ayant plus d’ennemi militaire, s’invente tous les jours de nouvelles tâches civiles, tout en restant, avec les 120’000 soldats et 80’000 réservistes d’Armée XXI, l’une des plus grosses et des plus chères armées d’Europe? Nous pensons qu’il serait beaucoup plus utile de s’engager pour la prévention des conflits, en s’attaquant à la pauvreté, aux injustices sociales, au manque de démocratie et aux violations des droits humains, plutôt que de continuer à se préparer à une guerre qui, au beau milieu de l’Union Européenne, relève toujours plus de la science-fiction!
Fondé en 1982, le Groupe pour une Suisse sans armée est le principal mouvement pacifiste et antimilitariste actuellement actif en Suisse. En 1985 nous avons lancé une première initiative “Pour une Suisse sans armée et une politique globale de paix”. Plus d’un million (36%) de citoyen-(ne)s avaient voté en faveur de cette initiative en novembre 1989
.Plus des deux tiers des conscrits avaient voté contre l’armée! En 1990, nous avons lancé un appel au refus collectif du service militaire pour obtenir l’introduction du Service Civil. Nous avons soutenu le référendum contre la criminalisation de l’objection de conscience (1991). Le Service civil a été finalement adopté en Suisse en 1992 et mis en route en octobre 1996.
Après que le conseil des Etats avait approuvé l’achat de 34 F/A-18 pour la modique somme de 3.5 milliards de francs, nous avons récolté plus d’un demi-million de signatures contre ces avions. 42.9% des votants ont approuvé l’initiative du GSsA.
Ces dernières années, le GSsA a soutenu activement les mouvements locaux dans toutes les régions de l’ex-Yougoslavie qui s’opposent à la guerre et qui cherchent à trouver des solutions pacifiques aux conflits dans cette région. Le GSsA a participé à un projet de reconstruction de la ville divisée de Pakrac (Croatie).
Le GSsA a relancé en 1998 deux initiatives, l’une pour l’abolition de l’armée et l’autre pour la création d’un service civil volontaire pour la paix. Les deux initiatives ont été rejetées en décembre 2001.
Entretemps, em juin 2001, le GSsA a également fait campagne sans succès contre l’envoi de troupes suisses armées à l’étranger.
Actuellement, le GSsA, tout en continuant son rôle de surveillant des faits et gestes de l’armée, participe aux mouvements antiguerres et altermondialistes internationaux. Il est plus que nécessaire de se préoccuper des causes des conflits dans le monde. Modestement, le GSsA essaye d’apporter sa pierre à l’édifice.
Si tu n’en peux plus à l’ER, tu as plusieurs
solutions: d’une part, le service civil et d’autre
part, la voie médicale ou psychiatrique. Il faut se décider
pour l’une de ces possiblilités et
se tenir à la ligne choisie avec rigueur,
parce que les modes d’argumentation
s’excluent en partie l’un l’autre.
Voici pour cela quelques informations
et quelques trucs:
Tu as la possibilité de déposer une demande de service civil auprès de l’OFDE à Thoune (voir page suivante) en faisant état de motifs de conscience. Le refus de servir pour d’autres raisons reste punissable en Suisse; le tarif est d’environ 8 à 10 mois de taule.
Si tu n’as pas de problème de santé particulier, tu peux essayer d’échapper à l’armée avec l’aide d’un psychiatre. L’aide d’un médecin militaire apporte souvent, mais pas toujours, le succès espéré. En pratique, il faut s’adresser au médecin de la troupe ou au service psychologique de l’armée; c’est ton droit. Face aux médecins militaires ne réponds à aucune question d’ordre politique ou autre question semblable. Interromps l’entretien s’ils tentent de te démasquer comme simulateur. Limite-toi dans tes déclarations à des aspects médicaux ou sanitaires. Cherche éventuellement pendant ta permission à obtenir auprès de ton médecin traitant un certificat médical. Il est important de ne pas apparaître comme un réfractaire déguisé. Si les médecins n’entrent pas en matière et que rentré chez toi sans dispense, tu ne reviens pas de ton week-end, une procédure judiciaire sera instruite contre toi. Il est alors recommandé d’avertir ton commandant d’école des raisons de ton absence, par courrier ou par téléphone.
Consulte dans l’intervalle un psychiatre privé et présente le certificat au juge d’instruction. Alors tu as de bonnes chances d’en ressortir «inapte» au service, avec une simple amende, si tu as respecté les consignes de prudence.
Aucun commandant n’a le droit de te mettre en détention pour refus de servir et la police militaire ne viendra pas te chercher à ton domicile s’il leur est connu.
Prends contact assez tôt avec une permanence (GSsA, CMLK, service civil) de ta région quand tu n’en peux plus à l'ER.
Adresses plus bas.
A l'ER, il y a différentes manières de rendre la vie plus supportable pour toi et tes camarades. Voici quelques trucs:(P>
L’armée n’est vraiment pas le seul
moyen que tu as de rendre service à la
société... Il existe une alternative au
service militaire, le service civil. Il
s’agit d’un travail d’intérêt général,
principalement dans les domaines de
la protection de l’environnement, de la
santé et du social. Le service civil a
une durée de 1,5 fois la longueur du
service militaire, à savoir 390 jours
si tu ne fais
pas l’école de recrues. Sinon, le service civil sera modifié en fonction du nombre de jour qu'il te restera à faire.
Comment s’y prendre pour obtenir le service civil? Tu dois déposer un dossier, qui contiendra:
La demande doit être envoyée en recommandé à:
OFDE, division Service civil,
Aarestube, Uttigenstr. 19,
3600 Thoune.
Dans un délai plus ou moins long, tu seras convoqué à une audition par une commission de 3 hommes et femmes civils.
La demande doit être déposée trois mois avant l’entrée en service, pour être libéré provisoirement de l’obligation de service, en attendant la décision d’admission au service civil. Si tu n'as pas encore fait les journées de recrutement (3 jours), tu pourrais être auditionné dans ce cadre, mais dépose ta demande le plus tôt possible. Si l'audition ne peut avoir lieu lors du recrutement, elle sera fixée ultérieurement.
Tu peux aussi déposer une demande pendant le service, qui sera traitée en priorité (théoriquement dans les 15 jours – 3 semaines).
Cependant, tu peux tenter de négocier avec ton commandant afin d’être licencié. Tu ne serais pas très utile au service, de toute façon. Si tu pars sans autorisation, tu seras poursuivi par la justice militaire mais t’en tireras avec une simple amende si tu expliques clairement que c’est parce que tu as déposé une demande de service civil. Enfin, sache qu’une demande pour faire un service civil peut être déposée en tout temps, même s’il ne te reste que peu de jours de service à effectuer en cours de répétition.
Si tu es accepté, il y a plus de 1000 possiblités d’affectation dans des institutions et organisations sans but lucratif. Tu devras alors effectuer ton service civil avant tes 30 ans, 34 au plus tard. Une des périodes d'affectation devra être de longue durée (180 jours min. pour ceux qui n'ont pas fait l'ER). Tu trouveras d'autres détails et les autres contraintes auprès des permanences de conseil.
N’hésite pas à faire relire ton dossier à l’une des permanences de conseil. Tu peux par exemple nous l’envoyer par email ou en discuter en face à face. Notre site Internet contient aussi une documentation abondante.
Environ un quart de toutes les recrues se voit proposer de grader, souvent contre sa volonté.
Dans le règlement de service, l’obligation de grader existe toujours (art. 85 du Règlement de Service (RS) 95).
Tu peux tenter d’expliquer que tu n’es pas la personne qui convient pour une carrière militaire. Mais il n’y a pas
de recette universelle; il faut aussi savoir improviser.
Lors du recrutement puis lors des premières semaines d’ER, les candidats sont sélectionnés pour devenir sous-officier voire officier. Ton supérieur doit alors faire un rapport écrit sur toi. Avec Armée XXI, les caporaux ne sont plus que des soldats spécialistes, qui reçoivent une instruction minimale (pas de jours de service supplémentaires par rapport aux soldats). Les chefs de groupes ont désormais le grade de sergent. Les personnes sélectionnées quittent leurs camarades après 47 jours de service généralement pour suivre leur formation.
Très tôt, on détecte celui qui dans le groupe montre «certaines qualités de meneur», celui qui prend des responsabilités ou qui s’entend bien avec ses collègues. Il faut donc se comporter en conséquence dès le début. Une fois sur la liste, il n’est plus si facile d’en disparaître.
Les règles ont changé avec Armée XXI et il nous est difficile de connaître les règles précises. Si tu refuses de servir, tu encours des sanctions pénales. Le code pénal prévoit toujours, pour ceux qui sont d'accord de continuer de servir dans les limites de leur grade, un travail d'intérêt général de remplacement d'1,1 fois la durée de l'école, qui sera effectué dans le cadre du service civil. Dans la pratique, cette solution est difficile à obtenir car il est peu aisé de trouver des raisons de conscience qui empêchent d'accepter un grade mais n'empêchent pas l'accomplissement du service miltaire en tant que soldat. Tu peux également déposer une demande de service civil selon la procédure normale et quitter l'armée si ta demande est acceptée. Un recours à un psychiatre ou à un médecin est également une solution possible. Même pendant l’ESO, il subsiste encore des possibilités d’en échapper. Celui qui par exemple se retrouve au «trou» plus de huit jours est renvoyé chez lui. La plupart du temps, il ne reçoit pas de deuxième ordre de marche.
GSsA,
17 rue des Savoises,
1205 Genève.
Vous pouvez passer ou téléphoner
les mardis de 18h à 20h.
tél. 022 320 46 76,
fax 022 320 69 49.
E-mail: permanence@gssa.ch
Permanence service civil,
8 r. du Vieux-Billard,
1205 Genève.
Les lundis et jeudis de 17h à 19h tél. 022 328 24 54.
Ces deux adresses se trouvent à la Maison des Associations, près du Moulin Rouge, place du Cirque.
Centre Martin Luther King,
r. de Genève 52,
1000 Lausanne 9,
tél. 021 661 24 34. cmlk@cmlk.ch
Pour les autres cantons romands, renseignez-vous au CMLK, adresse ci-dessus.
01 240 07 42.
http://www.zivildienst.ch/