"Une Suisse sans armée" n°42, été 99, p. 2
Le cap des 100'000 signatures récoltées pour les deux initiatives du GSsA a été franchi début juillet. Même si nous nous réjouissons de ce score, un réel effort est encore nécessaire. D'ici la mi-août, nous voulons atteindre les 120'000 signatures pour nous mettre à l'abri de toute mauvaise surprise. C'est pourquoi nous vous invitons pour la dernière fois à signer et à faire signer ces initiatives et à les renvoyer au plus vite au secrétariat.
De leur côté, les militaires, malgré l'engagement important d'Adolf Ogi - ministre de la défense et des sports - en (dé)faveur de Sion 2006, ne restent pas inactifs.
Un nouveau concept de défense a été présenté par le Conseil fédéral au Parlement. Affirmant un nouveau credo «la sécurité par la coopération», le rapport préconise une coopération accrue avec les organisations internationales de sécurité, comme l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Ces interventions affirmeraient notre «solidarité» tout en «assurant la sécurité de la population suisse».
Le principe de l'armée de milice est maintenu. Pourtant, de nouvelles unités professionnelles seront appelées à intervenir à l'étranger. Les soldats pourraient être armés, et l'on imagine qu'ils auraient davantage que le simple pistolet des volontaires qui partiront cet été au Kosovo. Ces militaires doivent en effet se mettre sous la protection des soldats autrichiens (des neutres également), à la grande honte d'Ogi et consorts...
En ce qui concerne l'obligation de servir, le même rapport prévoit que le service militaire ou celui de la protection de la population - actuelle protection civile - pourrant être effectués d'une seule traite.
Autre nouveauté, dès cet été, de jeunes officiers et sous-officiers peuvent s'engager pour l'encadrement de la troupe, en plus de leurs jours de service obligatoire. Cette prestation est naturellement mieux payée que la solde habituelle. La professionnalisation de l'armée arrive en catimini. Une nouvelle forme de lutte contre le chômage?
L'armée poursuit donc sa recherche d'une nouvelle légitimité, par l'aide en cas de catastrophe et par des opérations internationales tapageuses. Pour dénoncer la supercherie, il suffit de rappeler que face aux 160 hommes envoyés au Kosovo, l'armée engage 800 soldats en permanence pour protéger les ambassades, à Genève et ailleurs. Aujourd'hui plus que jamais, un mouvement pacifiste et antimilitariste fort et actif est nécessaire.
Nous sommes sur le point de réussir la première étape pour nos initiatives, mais il faut déjà songer à la deuxième. Après cette décennie de conflits meurtriers dans les Balkans et ailleurs, la campagne des votations (à l'horizon 2003-2004) s'annonce rude. Nous ne devons donc surtout pas nous endormir sur nos lauriers.
Le chemin est donc encore long avant d'atteindre la sortie du tunnel!
Sébastien L'haire