"Une Suisse sans armée" n°40, hiver 1998, p. 13
Début décembre, dans le cadre d'un exercice pour parer à un afflux massif d'immigrés, un officier de 31 ans a ordonné aux soldats de jouer le rôle de terroristes kosovars et albanais. Ils devaient en outre prendre des noms à consonance yougoslave. Quant au premier lieutenant, il fallait l'appeler... Milosevic! Il a encore distribué un texte à chanter sur l'air de «Mon beau sapin». Voici les paroles édifiantes de cette chanson (traduites de l'allemand): «Ô UCK, ô UCK (UCK= armée de libération du Kosovo), venez dans la belle Suisse, retournez chez vous avec des BMW, piquez les fusils d'assaut suisses»... Les protestations de quelques soldats sont restées vaines. Adolf Ogi, lui, regrette mollement, une enquête a été ordonnée. Ce racisme mérite condamnation. D'ailleurs, ce premier lieutenant risque une peine jusqu'à un an de prison (tu parles!). Pourtant, cet officier avait été promu commandant de compagnie parce que considéré comme bon chef de section. D'autres petits exploits extrémistes ces derniers temps colorient la vie de nos braves soldats: recrue juive insultée par un officier, grossièretés prononcées à l'adresse des réfugiés, simulation sans tact d'une invasion d'immigrants à la frontière par une compagnie d'artilerie etc.
L'armée reste un grand nid de nazillons. Qui en doute encore?
Luc Gilly