"Une Suisse sans armée" n°37, printemps 1998, pp. 21-22
«Contrainte pour les Albanais à accepter les lois serbes et à abandonner leurs idéaux politiques» (Autorités serbes).
«Il faut une action déterminée sur la Kosove pour contraindre Belgrade à mettre immédiatement fin à la répression» (Robin Cook, ministre anglais des affaires étrangères).
«Très préoccupé par la situation, Milosevic en porte la responsabilité fondamentale» (Javier Solana, secrétaire général de l'OTAN).
«Très grave préoccupation» (J. Chirac).
«La communauté internationale doit intervenir d'urgence et réclamer une présence de l'OTAN» (Kiro Gligorov, président de la Macédoine).
«Prêts à aider et à établir des contacts, nous n'avons vraiment pas besoin de nouvelles aventures dans les Balkans» (Athènes).
«Pas d'une deuxième Bosnie dans la région» (Ismet Sezgin, ministre de la défense turque).
«Eviter une nouvelle tragédie en Kosove» (Conseil de sécurité de l'ONU).
Etc, etc...
Alors que les assassinats, les bombardements, la destruction et les incendies de villages, la terreur et la fuite deviennent le quotidien pour la population albanaise de Kosove, voilà que les responsables politiques commencent à réagir contre la politique assassine du régime de Slobodan Milosevic. Milosevic, ce criminel de guerre qui n'a jamais été sérieusement inquiété par la communauté internationale, a aboli l'autonomie de la province en 1989 déjà, alors qu'il était à la tête de l'Etat serbe.
Depuis lors la province de Kosove subit la répression. Dès 1996 d'innombrables conférences, débats, discussions, propositions et solutions ont été mises sur pied au niveau international, européen, national, régional pour contrer la politique répressive de Milosevic dirigée contre la population albanaise de Kosove pourtant majoritaire à 90% et pour rendre aux Kosovars l'autonomie de leur province.
Jusqu'à aujourd'hui rien de concret n'a été réalisé par la communauté internationale. Celle-ci n'a pas voulu entendre sérieusement les propositions pacifistes de la communauté albanaise qui n'a pas cessé de tirer la sonnette d'alarme. Tous les gouvernements savent que là-bas les droits humains ne sont pas respectés. Qui s'en soucie réellement ?
Plusieurs de ces propositions et solutions auraient pu être réalisées tout en maintenant parallèlement une pression politique et diplomatique sans relâche contre le régime de Belgrade. L'Europe et l'OSCE doivent s'engager immédiatement et concrètement pour trouver une solution en Kosove et ressortir les nombreuses propositions et solutions qui dorment dans les tiroirs. Attendent-elles la prochaine guerre pour à nouveau faire appel à l'OTAN et mettre en scène les «troupes de la paix»?
Luc Gilly