L’armée en crise : quelles chances pour la politique de paix ?

jeudi 4 septembre 2008
par Secrétariat GSsA
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Les accidents mortels, les limogeages des chefs de l’aviation militaire puis du commandant en chef de l’armée, les rebondissements de l’affaire Nef qui n’en finissent pas d’affaiblir la position du chef du Département de la défense : ce ne sont pas là les causes mais plutôt des symptômes d’une crise réelle que traverse l’armée suisse.

Cette crise naît de l’impasse dans laquelle se trouvent les deux conceptions sur lesquelles l’armée base sa légitimité :

• D’une part, l’armée suisse a gardé une structure et des effectifs correspondants à un rôle totalement dépassé. La défense nationale du territoire pour faire face, et de manière autonome, à une agression militaire lors d’une guerre en Europe est une conception qui remonte au moins jusqu’à 1914-18. Les réformes de l’après guerre froide ont réduit les effectifs de plus de moitié mais n’ont pas touché aux structures de fond de cette conception : service militaire obligatoire, armée de milice.

• D’autre part, son évolution vers la coopération militaire avec l’OTAN ou avec l’armée européenne en train de se constituer (la « force d’intervention rapide ») se trouve bloquée. La droite national-populiste n’en veut pas parce que cela constituerait un désaveu cinglant de son idéologie isolationniste. Chez les socialistes, les dirigeants du parti plaident ouvertement pour une armée interventionniste à l’étranger mais se heurtent encore au scepticisme d’une large partie de la base du parti et de l’opinion publique en général. Avec le bilan très négatif des interventions occidentales en Afghanistan et en Irak, l’interventionnisme militaro-humanitaire ne se vend plus aussi bien que durant les années nonante.

Modernisation militaire mal en point

Depuis quelques années, bien avant l’éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral, cette double impasse produit au parlement des blocages partiels des projets de renouveau de l’armée, sans toutefois amorcer une réelle remise en question de la défense nationale militaire. Dans la foulée de cet été mouvementé pour l’armée et en vue des débats sur le programme d’armement 08, on a entendu le président du Parti Socialiste Suisse offrir sa « collaboration constructive » en matière militaire aux partis de la droite non-UDC. Quant à l’Etat-major général, il pleure déjà misère : les 4 à 5 milliards de dépenses annuelles ne suffisent plus pour le bon fonctionnement de l’armée, qui n’a pas assez de pilotes pour les nouveaux avions et qui devra peut-être se contenter de 22 nouveaux avions de combat au lieu de 33… Le point de vue pacifiste se trouve donc encore passablement marginalisé dans les discussions qui s’ouvrent sur la politique de sécurité.

Des initiatives pacifistes qui donnent le cap

Les initiatives pacifistes contre l’achat des nouveaux avions, pour l’interdiction d’exporter des armes et pour réduire la libre circulation des armes à feu (armes de service et privées) sont essentielles pour l’ouverture d’une discussion sur les choix de fond sur la politique de sécurité. On voit à l’exemple de la France, après la mort de dix soldats français en Afghanistan, à quelle vitesse le délire sécuritaire de la guerre tous azimuts « contre le terrorisme et pour la liberté et nos valeurs » peut s’imposer dans le discours politico-médiatique. Les discours des dirigeants bourgeois helvétiques « éclairés » qui plaident pour la coopération militaire avec les armées occidentales pour faire face aux « nouvelles menaces au niveau international » ne sont pas très différents. C’est pourquoi il est essentiel d’œuvrer pour une politique de paix civile et solidaire. La priorité aujourd’hui c’est l’aboutissement de l’initiative contre l’achat des nouveaux avions de combat. Le début de cette campagne est très encourageant avec 45 000 signatures récoltées en trois mois aux quatre coins de la Suisse.

Tobia Schnebli


Commentaires

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vendredi 13 février 2009 à 21h37, par  L. Oranger

Il serait temps.. !

Après avoir si "génialement"-(et peut-être "humainement" ???)- inventé les
guerres Atomiques, Bactériologiques, Chimiques, et autres "délicatesses"

...après avoir "évolué" si "brillamment" de la pierre à la Bombe H ou X.Cela en passant par :
bâtons, gourdins, lances, hallebardes et arbalètes (...mes respects Guillaume..) ; et puis

n’oublions pas les mousquets, tromblons (...là, je devrais presqu’admettre qu’on touche à la poèsie...)

mais il est justement si difficile de ne pas en oublier de ces coups de génie... !

Il est temps "d’inventer" la Paix !
En tout cas de la découvrir sous toutes ces ruines que nous avons produites.

L’un des moyens, probablement le premier, est de faire taire les armes, et bien sûr
le meilleur moyen est de supprimer l’armée. Pour les "aficionados" du genre, peut-être
la pilule pourrait-elle être rendue moins amère, si on leur disait qu’il serait tout à fait envisageable
de n’en conserver "que" la "fameuse organisation" ** ...le squelette quoi..
Mais là...c’est encore une autre Histoire.

Salut à tous ! L.Oranger

** ...pour les sceptiques, les étonnés,...les agressifs (?) : de l’armée ?!?! ==>
j’en ai fait...bien sûr !!!!!!!
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