| Pour sortir de l'âge des casernes: le service civil. GSsA. |
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Voici une série de questions dont certaines étaient souvent posées lors de la procédure de la justice militaire. Elles restent néanmoins d'actualité et peuvent t'aider à rédiger ton dossier et à te préparer à l'audition. Les quelques réponses données valent ce qu'elles valent. Elles sont un exemple, à adapter à ta propre situation et à tes opinions. Elles n'ont rien à voir avec le dossier précédent.
Mes principes sont d'ordre moraux, ils me guident vers la dignité de chacun et le respect de mon prochain ; la non-violence fait partie de ma philosophie de vie.
Mes études musicales (en Suisse et à l'étranger) m'ont ouvert sur un monde égal et généreux, respectueux. Mon éducation a été faite à partir de ces principes et mon caractère a toujours été non violent. L'école apprend à réagir de manière posée, à réfléchir à ses actes, mais l'armée demande tout le contraire.
Il s'agit de cohérence et mon expérience militaire m'a convaincu qu'elle me conduit à un conflit de conscience. Continuer mes obligations militaires me poserait un problème d'intégrité et d'implication. Je désire apporter quelque chose d'utile à mes concitoyens dans un service où mon équilibre moral et ma motivation retrouverais cette cohérence. La plupart des conflits actuels ont des sources économiques; trafic d'armes; oppression d'une communauté par une autre... Ma manière de gérer les conflits est basée sur la non-violence et sur une politique active de prévention des conflits.
C'est suite à mon dernier cours de répétition que ma décision a été prise. C'est à ce moment que je me suis rendu compte que le système auquel je participais ne correspondait pas à ma conscience et que je ne pouvais rien apporter de constructif.
Je refuse de tuer et que je ne veux pas résoudre les problèmes par la violence. L'armée, par la nature de ses armes de plus en plus sophistiquées, est une machine à tuer. Son but premier n'est pas la résolution non violente des conflits. C'est pourquoi l'accomplissement du service militaire est en totale contradiction avec ma conscience.
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Mon hésitation date de mon école de recrue: j'avais finalement décidé d'aller jusqu'au bout de mes 4 mois. Ensuite j'ai encore hésité et j'ai pensé qu'il fallait que je fasse l'expérience d'un cours de répétition comme "sanitaire". Mais ma désillusion a été beaucoup trop importante et ma décision d'objecter est irrévocable. C'est une notion d'acte responsable.
Mon conflit de conscience va plus loin que le seul problème de l'utilisation d'une arme. Servir sans arme reviendrait à cautionner un service qui est contraire à mes principes éthiques. De plus, je pourrais être amené à transmettre des ordres de tir, de soigner des gens pour les remettre en état de combattre, ce qui est contraire à ces mêmes principes.
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Je me suis déjà résigné à faire mon école de recrue, et cela ne m'a pas déséquilibré. Au contraire cela m'a montré tout le décalage qu'il y a entre mon éthique et celle de la défense nationale. Mais je n'entend pas désobéir à ma conscience, je ne peux plus cautionner et participer aux valeurs que l'armée défend. Je suis prêt à assumer les conséquence de mon acte.
Le devoir du citoyen a changé puisque la loi qui existe actuellement organise un service civil. L'objection de conscience est enfin reconnue par la constitution. Et c'est une contribution au moins aussi utile au pays.
Les menaces qui pèsent sur nous sont bien différentes, d'ordre économique, social et écologique. Les risques de guerre classique sont hautement improbable. La situation actuelle fait que beaucoup de choses se passerait avant qu'un conflit ne dégénère en affrontement militaire. Ma place serait dans un service qui agit avant une attaque militaire. Si toutefois cela arrivait, je résisterais par des moyens non violents (résistance civile), et peut-être, comme l'a fait Gandhi, par du sabotage ne mettant pas en danger autrui.
Personne ne peut exclure d'utiliser une fois la violence. Mais il en va autrement de participer à une institution obligatoire qui vise à répondre violemment aux conflits. Personne, y compris les militaires, ne peut dire à l'avance comment il réagirait dans une situation extrême.
Il n'y a pas de bonne réponse à cette question. L'usage de violence est une défaite.
Je ne sais pas si je pourrais tirer, et si je tirais je serais torturé moralement en pensant aux conséquences, si mon tir a atteint son but ou non, si mon soi-disant adversaire est mort ou blessé etc.
Personne ne peut dire ce qu'il ferait en cas de conflit réel. Ce n'est pas la peur qui motive ma demande mais l'impossibilité d'apprendre à tuer et à résoudre les conflits par la violence. Par un respect mutuel et par un accès équitable aux ressources naturelles et aux richesses, on peut aussi prévenir les conflits. C'est vers cette voie que je veux m'orienter, pas à m'entraîner à tuer quand il est trop tard et qu'un conflit a éclaté.
Bien en ce qui concerne mes rapports avec mes collègues et supérieurs. J'étais par contre très mal dans ma peau, en désaccord avec ma conscience.
Un jeu d'enfant ou un divertissement ne peuvent en aucun cas être comparés à l'apprentissage du maniement d'armes dont le but est de mettre un adversaire hors d'état de nuire, le plus souvent en lui ôtant la vie. Aujourd'hui, on veut me mettre en situation de tuer d'autres êtres humains, avec leur passé et leur situation personnelle et familiale, et ma conscience me l'interdit aujourd'hui.
On nous apprend à respecter l'adversaire, à prendre toutes les précautions. Le sport ne tue pas, je n'userai jamais des techniques apprises pour nuire à autrui.
Nous renonçons ici à donner une réponses à ces questions, qui sont trop personnelles.
Une agression envers l'autre, que ce soit un individu ou un collectif, que la violence soit physique, verbale, institutionnelle... C'est un manque de respect de l'autre. C'est une défaite de la raison. Ma conscience m'interdit d'en faire usage.
Mal. La société banalise la violence. J'essaye toujours de favoriser une résolution non-violente des conflits, de respecter moi-même les autres lorsque j'ai un différend avec eux.
On voit que les structures sociales tendent à se péjorer. Il faut réduire les inégalité, combattre le racisme, le chômage et l'exclusion. Ce n'est en tout cas pas en renforçant les structures répressives que l'on résoudra les conflits.
De mon éducation parentale et scolaire, de mes réflexions personnelles, de ma nature...
Comme tout le monde, elle m'effraye, mais je tente de la combattre en trouvant des compromis. La peur est une réaction naturelle.
Lorsque tout le monde a des moyens de subsistance suffisants, que l'harmonie règne entre les différents membres de la société, que le respect et la justice sont présents...
Dans le but de se défendre quand aucune autre solution n'est possible, et toujours de manière proportionnée. Je ne l'admets pas pour moi-même comme moyen de m'exprimer. Et si je devais en employer, je devrais alors analyser les causes de ma réaction, je devrais faire la paix avec ma conscience pour tenter de mieux agir une prochaine fois.
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Je ne peux faire du service militaire pour raisons de conscience. Si vous rejetez ma demande, je devrai à regret trouver d'autres moyens. De toutes manières, je tenterai tout pour faire du service civil.
Oui, une permanence pour le service civil. (Il n'est pas nécessaire de préciser laquelle, mais s'ils insistent, dire la vérité).
Je veux effectuer un service à la communauté. Ce ne serait pas une bonne solution pour moi. Ma conscience m'interdit de faire du service militaire. Cela pourrait se traduire par des angoisses, mais pour moi je suis apte au service.
Je ne connaissais pas l'existence du service civil (ou je ne savais pas vraiment ce qu'était le service civil, ou j'ai d'abord été un peu effrayé par les démarches). J'ai aussi voulu me rendre compte de ce qu'était le service militaire. Maintenant, j'ai constaté qu'il heurtait ma conscience, et j'ai acquis cette conviction au long du service et de la période qui l'a suivi. Je connais par ailleurs mieux les avantages du service civil.
J'ai voulu essayer de faire du service comme tout le monde. Je n'avais pas connaissance de l'existence du service civil (ou je ne savais pas vraiment ce qu'était le service civil, ou j'ai d'abord été un peu effrayé par les démarches). Mais peu à peu ma conscience a mûri et j'ai constaté que je ne pouvais plus concilier l'accomplissement du service avec elle.
Une défense armée ne permet pas de résoudre des conflits. Une politique radicalement différente de résolution et de prévention non violente des conflits, par la réduction des inégalités, la promotion des droits humains, par l'accès à l'éducation et à la santé etc. serait bien plus efficace. Néanmoins, je sais que cette opinion est minoritaire dans la population. C'est pour cela que je respecte l'opinion de ceux qui veulent conserver une armée, sans toutefois partager cette option.
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L'armée est en contradiction avec la vie civile, où le dialogue est généralement possible avec les supérieurs hiérarchiques. A l'armée, un dialogue n'est pas possible. Les supérieurs disposent du droit de mettre la vie d'autrui en danger. J'ai du mal à l'accepter. Je ne suis pas contre toute forme de discipline, mais celle appliquée à l'armée vise à briser la personnalité par l'accomplissement de tâches et rites répétitifs.
Oui car ma conscience m'interdit de faire des choses que l'on y apprend.
On ne peut faire autrement que de payer des impôts, mais je voterais contre les crédits militaires si j'en avais l'occasion, ce qui n'est pas possible.
Je ne peux que les comprendre. J'ai fait un pas supplémentaire en réfléchissant sur le sens et sur ma conscience. Ils pourraient aussi un jour faire le pas de déposer une demande de service civil.
... le GSsA combat toutes les armées, et les armées de tout type. De plus nous considérons qu'une armée professionnelle est plus dangereuse qu'une armée de milice, car elle coûte tout aussi cher et reste aux mains de personnes qui ont fait un choix idéologique ou économique d'un métier de soldat, et qui peuvent donc défendre par les armes leur outil de travail, par exemple en cas de changement politique ou en cas de réduction ou suppression de budget. Nous renonçons donc à donner une réponse...
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C'est une version du vieil adage "si tu veux la paix prépare la guerre". Je suis personnellement pour une politique plus préventive et efficace. Je sais que la majorité des citoyen-ne-s pense comme ça, mais je revendique le droit de servir mon pays autrement, par un service civil.
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Mes engagements se limitent actuellement à des soutiens financiers réguliers pour les organismes qui oeuvrent pour la paix et la justice dans le monde. Je compte mettre en pratique mes convictions dans un service civil.
La musique m'apporte tout se dont j'aspire pour un monde meilleur et plus juste. Elle contribue à l'épanouissement des individus, elle passe par dessus les frontières politiques et oblige à un échange entre les peuples au travers d'elle. Et ne dit-on pas qu'elle adoucit les moeurs?