Résolutions

Consensus de paix de Djakarta

Date: 21/05/2003

Introduction
A cause de toutes les morts et destructions qu'elle a causées,
l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis a donné naissance à un mouvement
antiguerre global tout à fait surprenant et historique, que même le New
York Times a été forcé d'appeler "l'autre superpuissance mondiale".
L'importance indéniable de ce mouvement n'a jamais été plus
vigoureusement démontrée que lors des manifestations massives coordonnées
au niveau international qui ont déferlé dans le monde le 15 février
dernier.
Après l'invasion et l'occupation de l'Irak par l'une des
superpuissances, les représentant-e-s de cette autre superpuissance se
sont immédiatement réuni-e-s à Djakarta pour analyser la présente
conjoncture, pour mettre au point ses prochains plans et élaborer sa
future stratégie.
La conférence de Djakarta en Indonésie, organisée dans l'urgence du 19 au
21 mai 2003, était ouverte à tou-te-s. Les participant-e-s sont venu-e-s
de certaines des plus grandes coalitions et regroupements nationales et
régionales pour la justice et pour la paix dans le monde.
Etaient inclus-e-s notamment des représentants de l'Asian Peace Alliance,
un large réseau d'organisations antiguerres de toute l'Asie; la Stop the
War Coalition britannique, qui a organisé les manifestations historiques
de Londres; United for Peace and Justice,  la plus grande coalition
antiguerre des Etats-Unis; le Forum social italien, organisateur clé de la
manifestation d'un million de personnes durant le Forum social européen
de l'année passée; la Istanbul No to War Coordination, qui était
responsable des actions massives en Turquie; et Books not Bombs, un
mouvement lycéen australien, ainsi que bon nombre d'autres coalitions
nationales antiguerre.
D'autres mouvements étaient aussi représentés: des militants irakiens
pour la démocratie, les organisateurs/trices du prochain Forum social
mondial en Inde, des déléguées de la Marche mondiale des Femmes, des
syndicats indonésiens, le South Africa Anti-Privatization Forum,
Greenpeace, Focus on the Global South et Jubilee South. D'autres
délégué-e-s du Pakistan, de Palestine et un exilé irakien au Japon avaient
l'intention de participer mais n'ont pas reçu de visa indonésien.
Les participantes venaient des pays suivants: Afghanistan, Australie,
Autriche, Brésil, Canada, Timor Oriental, France, Hong Kong, Inde,
Indonésie, Irak, Israël, Italie, Japon, Corée, Liban, Malaisie, Pays-Bas,
Nicaragua, Philippines, Afrique du Sud, Tunisie, Turquie, Royaume Uni et
Etats-Unis.
Après trois jours d'intenses débats et discussions, les participants ont
mis au point le "Consensus de paix de Djakarta", une déclaration
d'unité et un plan d'actions spécifique qu'ils ont convenu de proposer
aux mouvements globaux pour la paix et la justice. Le consensus sera
traduit en arabe, français, castillan, bahasa indonésien, italien etc. et
sera présenté à la prochaine réunion internationale contre la guerre le 31
mai prochain.
Déclaration d'unité
Nous sousigné-e-s, militant-e-s pour la paix et la justice représentant
des mouvements sociaux et des réseaux de 26 pays en Asie, Europe,
Australie, Afrique, Amérique du Nord et latine, nous sommes réuni-e-s à
Djakarta en Indonésie. Lors des trois derniers jours nous avons clamé
notre indignation face à l'escalade de l'agression militaire conduite
par le gouvernement étasunien, le plus récemment contre l'Irak.
Nous déclarons la guerre et l'invasion de l'Irak injuste, illégale et
illégitime et appelons la communauté internationale à condamner cette
agression conduite par les USA. Nous demandons un retrait immédiat de
toutes les troupes étrangères d'Irak et que les Irakien-ne-s soient
autorisé-e-s à déterminer leur futur en lien avec le principe de
l'autodétermination . Cette conférence appelle tous les gouvernements à
suspendre la reconnaissance de tout régime mis en place en Irak par les
occupants étasuniens.
Nous proposons aux mouvements pour la justice et pour la paix d'établir
un Tribunal international des peuples pour juger les fauteurs de guerre et
pour enquêter sur les crimes de guerre. Les alliés de guerre doivent
assumer la responsabilité politique, morale et économique pour leurs
crimes.
Ceci inclut le payement de réparations de guerre directement aux
Irakien-ne-s, qui devraient administrer la reconstruction de leur pays
indépendamment du contrôle des compagnies étrangères, de la Banque
mondiale, du Fonds Monétaire International et des Nations Unies. De même,
les membres permanents du Conseil de sécurité doivent endosser la
responsabilité des effets de plus de dix années de sanctions. Nous
appelons à l'abolition totale de la dette de l'Irak. Dans le même temps
nous dénonçons l'hypocrisie du gouvernement étasunien qui appelle
lui-même à cette abolition pour servir ses objectifs, tout en exigeant le
payement de dettes démesurées de tous les autres pays en voie de
développement.
Alors que les tanks et les bombes détruisaient l'Irak, en Palestine
voisine, les forces armées israéliennes, soutenues par les USA, ont
continué d'assassiner, harceler et incarcérer le peuple palestinien, par
des mesures qui rappellent l'Apartheid d'Afrique du Sud. Nous nous
engageons dans la lutte internationale pour la fin de l'occupation
coloniale de la Palestine et appelons au démantèlement de toutes les
colonies israéliennes et le droit au retour de tou-te-s les réfugié-e-s
palestinien-ne-s. Nous condamnons l'incessante ingérence étasunienne en
Palestine et demandons la reconnaissance des droits nationaux palestiniens
comme précondition d'une paix juste et par conséquent durable dans la
région.
Nous voyons l'invasion de l'Irak comme faisant partie de la guerre
économique en cours contre les peuples du Sud. Sous les règles du FMI, de
la Banque mondiale et de l'OMC, notre monde devient de plus en plus
injuste et inégal. A Cancun au Mexique en septembre se tiendra un autre
forum, le sommet de l'OMC, lors duquel les leaders du monde impérialiste
mettront au point leurs stratégies. Ils plongent le monde dans une série
de guerres pour la quête du pétrole, pour l'hégémonie économique et
politique et pour assurer la mise sous le joug de la classe travailleuse
et des masses appauvries.
Au nom de la lutte contre le "terrorisme", le gouvernement étasunien a
créé le concept indéfendable de la guerre préventive. Sous cette bannière
il a attaqué l'Afghanistan hier, l'Irak aujourd'hui, tandis que les
cibles de demain pourront être la Syrie, l'Iran, la Corée du Nord, le
Venezuela, la Colombie, Cuba, ou toute autre nation considérée comme
opposée aux intérêts politiques et économiques du gouvernement étasunien.
Nous constations avec inquiétude la militarisation croissante du monde qui
s'exprime à la fois par des guerre ouvertes ou cachées et la
prolifération de bases militaires étasuniennes, des dépenses militaires à
la hausse et des opérations de guerre. Nous nous opposons aux actes
d'agression, qu'ils soient contre le peuple d'Aceh, de Mindanao, du
Cachemire ou du Kurdistan.
Dans cette atmosphère de militarisme, le harcèlement policier de
communautés marginalisées, de migrant-e-s et de minorités ethniques
augmente. Nous appelons au désarmement global. En particulier, nous
demandons le démantèlement de toutes les armes nucléaires. Nous soutenons
l'appel à faire du Moyen-Orient une zone libre d'armes de destruction
massive, à commencer par Israël, l'Etat ayant la plus forte capacité
destructrice.
Nous prenons la résolution de continuer à construire le mouvement
international pour la paix et la justice, qui a montré sa force de manière
éclatante les 14 au 16 février, lorsque des millions de personnes ont
défilé contre la guerre en Irak.
Nos principes englobent aussi la construction d'un internationalisme
authentique par en-bas, qui établisse une nouvelle communauté
internationale basée sur l'égalité et la démocratie. Alors que notre
travail est international, nous nous opposerons aussi à nos gouvernements
nationaux sur les points où leur politiques amènent leur contribution à la
guerre, au militarisme et au néolibéralisme.
Nous nous opposons aux guerres sous toutes leurs formes, ouverte,
déclarée, entre Etats, contre les mouvements sociaux, guerre économique
contre les peuples pauvres dans le monde ou guerre contre les militant-e-s
politiques et opposant-e-s contre l'ordre dominant. Nous visons à
maintenir l'unité la plus large possible entre nos diverses
organisations, y compris celles de la communauté islamique, les groupes de
défense de l'environnement et les mouvements qui s'opposent au racisme
et au sexisme.
Notre travail sera en lien avec les grandissants mouvements sociaux et de
classe qui résistent à la mondialisation néolibérale, comme la guerre par
des fusils et des bombes n'est que l'expression la plus sanglante de la
domination du néolibéralisme et de l'impérialisme.
Nous appelons toutes les organisations, mouvements sociaux et personnes
qui partagent notre analyse et plan d'action à se joindre à nos efforts
communs orientés vers la création d'un Réseau mondial de Solidarité pour
une Paix Globale dans le futur, en particulier durant les rencontres
d'Evian (sommet du G8), Cancun (Conférence de l'OMC), les forums sociaux
régionaux et le prochain Forum Social Mondial à Bombay.
Nous croyons qu'un monde libre de guerre, d'exploitation, d'inégalité,
de pauvreté et de répression est possible. Nous voyons la réalité de cette
alternative visible au sein du mouvement croissant de la jeunesse, des
femmes, des travailleurs/euses, des étudiant-e-s, des migrant-e-s, des
chômeurs/euses, des militant-e-s des droits humains et pour la paix et la
justice et des citoyen-ne-s, qui amènent leur énergie et leur ardeur et
travaillent ensemble dans la lutte pour une paix authentique basée sur la
justice globale pour les peuples du monde entier.
Déclaration et plan d'action pour l'Irak
L'invasion et l'occupation de l'Irak sous l'égide des USA est
illégale.
En 1946, le Tribunal de Nuremberg a jugé que "initier une guerre
d'agression n'est pas seulement un crime international; c'est le crime
suprême international, qui diffère uniquement des autres crimes de guerre
dans le fait qu'il contient en lui-même le mal accumulé de
l'ensemble."
Par conséquent nous demandons
La fin immédiate de l'occupation illégale de l'Irak par les USA et la
Grande-Bretagne et le retrait immédiat de toutes les troupes étrangères,
conseillers et représentants militaires, équipement militaire et
armements.
Nous insistons sur le fait que
Le peuple irakien a des droits absolus et souverains de déterminer son
propre futur. Aucune puissance occupante n'a le droit de violer
l'intégrité territoriale de l'Irak. Toute décision sur le besoin
d'assistance internationale appartient uniquement au peuple irakien.
L'occupation de l'Irak par les USA et la Grande-Bretagne, tout comme
l'est toute autorité administrative ou gouvernement ad interim établi par
les forces occupantes. Par conséquent, toute décision prise par les forces
occupantes ou leurs représentants ne lie pas le peuple irakien.
Le compte bloqué de garantie du pétrole irakien tenu par les Nations Unies
ne doit pas être utilisé pour établir la facture de la reconstruction des
dommages causés par la guerre illégale et les sanctions onusiennes. Les
fonds doivent être tenus en dépôt au nom du peuple irakien, jusqu'à ce
qu'il y ait un gouvernement légitime et réellement représentatif.
Alors que nous soutenons fortement l'assistance indépendante de la
société civile et la solidarité avec le peuple irakien, les Nations Unies,
leurs agences, les autres organisations gouvernementales ou non ne
devraient pas servir de couverture à l'invasion illégale de l'Irak ou en
profiter. L'aide humanitaire ne doit pas être utilisée pour soutenir ou
promouvoir les objectifs militaires, politiques et économiques des
puissances occupantes.
Selon les conventions de Genève, l'assistance humanitaire, l'aide, la
reconstruction et les autres activités de développement relèvent de la
responsabilité morale et légale de l'envahisseur et des forces occupantes
et ne devraient pas caractériser comme "aide" ce qui est le dû de la
population irakienne.
Le peuple irakien a la souveraineté sur toutes les ressources naturelles
et les biens publics. Les forces d'invasion et d'occupation, ou leurs
mandataires privés, n'ont pas le droit de prendre une décision sur le
contrôle ou le bénéfice de l'exploitation des ressources naturelles ou la
construction et l'adjudication de services de base ou de biens.
L'ensemble des coûts de la reconstruction, la compensation, les
réparations pour les destructions physiques, sociales, économiques,
psychologiques, écologiques, culturelles et la perte d'héritage causés
par l'invasion de l'Irak sous l'égide des USA doivent être supportés
par les agresseurs.
Les réparations pour les pertes physiques, sociales, économiques,
psychologiques, écologiques, culturelles et d'héritage, pour les dommages
et la souffrance causés par les sanctions imposées par les Etats-Unis au
Conseil de sécurité des Nations Unies doivent être assumées par les
membres permanents du Conseil.
En outre, des réparations doivent être accordées à toutes les personnes
qui ont souffert de pertes ou traumatismes physiques, économiques ou
psychologiques résultant de douze ans de sanctions et de l'invasion de
2003, basées sur des demandes individuelles ou collectives et distribuées
par un tribunal de compensation indépendant.
Nous appelons à caractériser comme illégitime l'occupation de l'Irak par
les USA et leurs alliés.
Nous soutenons toutes tentatives visant à réunir un congrès national ou
une assemblée constituante ou toute autre sorte d'auto-organisation
démocratique pour établir la légitimité d'un nouvel Etat irakien. Ce
processus doit être complètement indépendant des forces occupantes.
Nous appelons les Nations Unies, l'Organisation de la Conférence
Islamique et la Ligue Arabe de travailler à faire respecter les lois
internationales, à mettre une fin à l'occupation et de soutenir
l'établissement d'un auto-gouvernement démocratique en Irak.
Nous demandons à la communauté internationale et les gouvernements du
monde entier de refuser de reconnaître toute forme d'autorité ou de
gouvernement établi par et sous les forces d'occupation.
Nous soutenons la campagne initiée par l'Association Internationale
d'Avocats contre les Armes Nucléaires et d'autres pour exhorter
l'Assemblée générale des Nations Unies de demander un avis de droit à la
Cour Internationale de Justice concernant l'illégalité de l'utilisation
de la force contre l'Irak et de la doctrine de la "guerre préventive".
Nous souscrivons à la campagne qui appelle un tribunal international des
Nations Unies pour les crimes de guerre pour juger les responsables de
l'invasion et de l'occupation de l'Irak.
Nous demandons que tous les gouvernements reconnaissent le droit aux
Irakiens de voyager librement et de retourner en Irak.
Nous rejetons le projet étasunien de créer un "nouvel ordre du
Moyen-Orient", y compris son arme économique, la "Zone de Libre-Echange
du Moyen Orient" proposée par Bush.
Nous nous engageons à travailler en solidarité avec le peuple et la
société civile d'Irak et de soutenir les forces démocratiques.
1.Nous nous engageons à organiser une série de missions d'enquête et
témoignage en Irak en collaboration avec les organisations de la société
civile qui travaillent déjà sur le terrain afin d'établir des contacts
avec autant d'organisations démocratiques irakiennes que possible, avec
la possibilité de travailler en direction d'une conférence sur la guerre
et l'occupation à Bagdad.
2.Nous nous engageons à préparer les conditions pour participer à la
construction d'un Centre d'Observation de l'Occupation ou plus en Irak.
Les buts seront de fonctionner comme un centre de surveillance et
d'information sur l'occupation militaire et tout gouvernement instauré
par les Etats-Unis, y compris la documentation de possibles crimes de
guerre et autres violations des droits humains et démocratiques. Ils
incluront également la surveillance du rôle des firmes internationales et
des profiteurs de guerre en Irak.
3.Nous nous engageons à développer des nombreuses moyens de prise de
contact direct avec les Irakiens, y compris l'envoi de délégations de
masse en Irak, avec le but d'établir de larges liens entre organisations
irakiennes et individus et la société civile globale, en particulier les
mouvements antiguerre, altermondialiste et le Forum Social Mondial. Nous
nous engageons également à créer un nouveau site web d'information
globale sur l'Irak, ainsi que d'autres moyens de coordonner les
informations et les ressources.
4.Sur la base des propositions des mouvements turcs, japonais,
sud-africains et latino-américains, nous nous engageons à construire un
Tribunal International des Peuples pour poursuivre les auteurs de la
guerre et de l'occupation de l'Irak, qui devrait se tenir dans plusieurs
pays avec une équipe internationale d'accusateurs et de juges.
5.Nous appelons à un boycott international de produits étasuniens le 4
juillet 2004, jour de l'Indépendance des Etats-Unis et soutenons d'autre
initiatives pour le boycott des produits US.
Plan d'action contre la globalisation et le militarisme
Nous soutenons l'appel de l'Assemblée de l'Hémisphère et Globale contre
la Zone de Libre Echange des Amériques (ZLEA, ALCA) et l'OMC à une
semaine d'action contre l'OMC lors de sa réunion ministérielle de Cancun
au Mexique. En particulier nous exhortons les organisations pacifistes et
populaires à se mobiliser le 9 septembre contre l'OMC et le 13 septembre
contre la mondialisation et la guerre. Nous soutenons l'appel de la
récente conférence du Chiapas pour un «boycott ciblé» de Coca Cola,
McDonald's, Texaco, CNN et Fox lors de cette semaine de contestation.
Nous condamnons l'atmosphère maccarthyste grandissante favorisée aux USA
par le gouvernement Bush. Nous appelons à une campagne "Le monde dit NON
à Bush" qui devrait atteindre son apogée lors de la Convention
républicaine à New York en septembre 2004. Cette campagne viserait à
mobiliser des millions de personnes à travers le monde dans un référendum
global destiné à saper la légitimité de l'"Empereur" Bush.
Nous appelons à une focalisation stratégique contre la prolifération de
bases militaires étasuniennes partout dans le monde. Nous nous engageons à
œuvrer à un jour d'action global contre ces bases dans la première moitié
de 2004, qui devrait être coordonné par l'Asian Peace Alliance.
Vu l'escalade globale des dépenses militaires, nous appelons à une
campagne globale pour le désarmement général. Nous étendons l'invitation
aux groupes pour la paix et le désarmement qui n'étaient pas représentés
à la Conférence de Djakarta afin qu'ils contactent notre réseau pour
faciliter les initiatives coordonnées qui pourraient inclure un jour
d'action global.
Nous soutenons un jour d'action contre les entreprises pillardes, en
particulier Halliburton et Bechtel ainsi que leurs filiales. Cette action
sera coordonnée par un groupe de travail de cette conférence.
Djakarta, 21 mai 2003.

Voir http://www.corpwatchindia.org/bulletins/PRT.jsp?articleid=4208.