Retour page précédente

Textes de conférence de presse

Armée et G8. Situation en Suisse romande

Auteur(s): Sébastien L'haire, permanence service civil et problèmes militaires du GSsA à Genève

Date: 20/05/2003

Le Groupe pour une Suisse de Genève tient depuis de nombreuses années une
permanence à Genève pour le service civil et autres problèmes militaires.
Il s'agit de la principale permanence de Suisse romande qui donne des
conseils dans toutes les situations, pas seulement sur le service civil.

C'est pourquoi nous avons décidé de relayer l'appel aux soldats de ne
pas participer aux cours de répétition « G8 » en utilisant tous les moyens
légaux à leur disposition. Nous avons traité une cinquantaine de dossiers,
par téléphone, par mail ou lors de visites à la permanence. Les personnes
touchées provenaient d'à peu près partout en Suisse romande, de toutes
les tranches d'âges. Comme l'information a été rendue accessible sur des
sites Internet et que la presse a relayé l'appel, il est probable que de
nombreux soldats se sont débrouillés par eux-mêmes sans nous contacter. Il
nous a été malheureusement difficile de trouver un soldat qui veuille
répondre aux nombreuses sollicitations de la presse et accepte de
s'afficher contre le G8, même en prenant des précautions pour préserver
son anonymat.

Les raisons invoquées par les militaires sont politiques et
psychologiques. Les raisons politiques provenaient de personnes qui, sans
avoir un engagement affirmé, ne veulent pas s'engager à la protection
d'un sommet réunissant des personnalités aussi controversées que George
W. Bush ou Tony Blair. L'idée de devoir participer au maintien de
l'ordre face à des concitoyen-ne-s qui expriment démocratiquement leur
opinion a également été rédhibitoire. Certains soldats ont même
ouvertement affiché leur opposition face à cet engagement.

Le climat qui précède le sommet contribue aussi aux inquiétudes des
soldats. Être engagés à l'aéroport aux côtés de professionnels
surentraînés ou risquer d'être en contact avec des manifestants hostiles
en portant une arme chargée provoque des craintes légitimes.

D'ordinaire déjà, les militaires ne se préoccupent pas des dates
d'entrée en service. La décision d'engager des militaires est intervenue
plutôt tardivement et les plannings initiaux ont été chamboulés. De
nombreux soldats ont été pris de court par l'arrivée d'une convocation.
Une première vague d'ordres de marche est arrivée aux alentours de la
mi-mars. Mais il semble qu'une deuxième vague soit partie vers la
mi-avril, suite à la décision d'augmenter les effectifs engagés. Le temps
était très compté et les décisions, négatives pour la plupart à notre
connaissance, ne sont tombées que très récemment pour ceux qui ont eu la
chance d'en obtenir une.

Il est dès lors difficile d'estimer le succès de ces démarches. Comme les
besoins effectifs de l'armée sont certainement largement en-deçà du
nombre de soldats convoqués, il est à prévoir que des licenciements aient
lieu sur place lors de l'entrée en service. Pour sa première intervention
massive dans une mission de maintien de l'ordre, l'armée n'a pas
intérêt à causer des problèmes professionnels aux soldats et à leurs
employeurs; d'autre part, le succès de la mission exige que les soldats
rechignent le moins possible à leur tâche.

Quant à nous, nous ne pouvons qu'exprimer notre refus de l'engagement de
militaires dans un tel sommet, alors qu'ils ne sont pas suffisamment
formés pour éviter tout problème en cas de contact direct avec des
manifestants ou avec la population. Nous appelons les soldats à ne pas
charger leurs armes et à faire preuve de retenue dans leur engagement.

- Pour les drapeaux de la paix ou les badges, voir http://www.gssa.ch/drapeaux.html
- Pour des conseils pour éviter l'armée:
* http://www.geocities.com/g8verweigerung/index_fr.html
* http://www.gssa.ch/sc/

Renseignements: permanence@gssa.ch

Voir http://www.geocities.com/g8verweigerung/index_fr.html.