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Pétitions, appels

Les puissances d’occupation responsables d’une crise humanitaire très grave en Irak

Auteur(s): Médecine pour le Tiers Monde

Date: 16/04/2003

Déclaration et appel urgent de Médecine pour le Tiers Monde 
Bagdad, 16 avril 2003

En tant que docteurs en médecine, nous ne pouvons demeurer silencieux face
aux énormes souffrances de la population civile irakienne provoquées par
les bombardements, l’invasion et l’occupation des troupes
américano-britanniques.

Nous avons vu des centaines de civils, dont de très nombreux enfants,
blessés et tués, souvent par des armes interdites, telles les bombes à
fragmentation. Nous avons vu comment des ambulances et des véhicules
civils étaient mitraillés par les troupes américaines. Nous avons
également vu à quel point patients et travailleurs médicaux avaient des
difficultés à franchir les check-points militaires américains pour
atteindre les services de soins. 

Aujourd’hui, nous voyons comment les hôpitaux civils et autres bâtiments
et équipements médicaux irakiens sont pillés et laissés à l’abandon. Bien
des travailleurs médicaux irakiens ne peuvent tout simplement plus aller
travailler. Sans électricité, sans eau potable, sans médicaments et autres
fournitures médicales, bien des patients sont tout simplement condamnés à
mort. 

En tant que professionnels des soins de santé et en tant qu’êtres humains,
nous ne pouvons tolérer cette situation. Par conséquent, nous lançons la
déclaration suivante, qui constitue en même temps un appel urgent :

L’actuelle catastrophe humanitaire est due à l’entière et seule
responsabilité des autorités américaines et britanniques, qui ont lancé
une guerre d’agression contre l’Irak, en violation complète de la
législation internationale.. 
 
Au cours de cette guerre, les troupes américano-britanniques ont violé de
façon grossière et répétée la législation humanitaire internationale
(Articles 10, 12, 15, 21, 35, 36, 41, 45, 47, 48 et 51 du Protocole n° 1
des Conventions de Genève). 

 Une véritable solution durable à la catastrophe humanitaire en Irak ne
serait envisageable qu’après le retrait immédiat et inconditionnel des
troupes américano-britanniques d’occupation et la restauration complète de
la souveraineté irakienne sur l’ensemble du territoire irakien, en
fonction du seul libre choix du peuple irakien et de personne d’autre. 

 Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne devraient être obligés de payer tous
les dommages directs et indirects ainsi que les souffrances que leur
guerre a infligés au peuple, au territoire et à la société de l’Irak
 
Dans l’intervalle, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, en tant que
puissances occupantes, ont le devoir d’approvisionner la population en
vivres, médicaments, fournitures médicales et autres (Article 55 de la
Quatrième Convention de Genève). De même, il est de leur devoir d’assurer
et de maintenir en état de fonctionnement, avec la coopération des
autorités nationales et locales, les établissements et services médiaux et
hospitaliers, la santé publique et l’hygiène sur toute l’étendue des
territoires occupés. Ils doivent également permettre au personnel médical
de vaquer à ses occupations (Article 56 de la Quatrième Convention de
Genève). 
 
Nous appelons toutes les institutions concernées des Nations unies, telles
l’UNFP, l’Unicef et l’OMS, à reprendre sans tarder leurs opérations
humanitaires en Irak. Un pompier n’attend pas qu’une maison ait été
entièrement ravagée par un incendie pour combattre le feu et empêcher la
destruction complète du bâtiment. 

Nous soutenons toutes les actions spontanées et organisées de la
population irakienne visant à dénoncer l’occupation américano-britannique
et à exiger que les autorités américaines et britanniques remplissent
leurs devoirs, conformément aux lois humanitaires internationales. 

Nous soutenons toute initiative visant à déférer le général américain
Tommy Franks et autres sommités militaires américaines et britanniques
devant une cour de justice afin qu’ils y répondent de leurs violations des
lois humanitaires internationales. A la requête de victimes directes
(parmi lesquelles des patients et du personnel médical) de ces mêmes
violations par les Etats-Unis, nous avons demandé à l’avocat belge bien
connu, Maître Jan Fermon, spécialiste des droits de l’homme, d’examiner
les possibilités concrètes de citer le général américain Tommy Franks à
comparaître devant un tribunal belge pour crimes de guerre et ce, sur base
de la législation belge de compétence universelle.   
 
Geert Van Moorter, médecin urgentiste, à Bagdad depuis le 16 mars; 

Colette Moulaert, pédiatre, à Bagdad du 18 mars au 13 avril; 

Harrie Dewitte, médecin généraliste, à Bagdad du 6 au 13 avril;

Claire Geraets, médecin généraliste, à Bagdad depuis le 6 avril;

Bert De Belder, docteur en médecine, coordinateur de Médecine pour le
Tiers Monde, Bruxelles, Belgique.