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Textes de conférence de presse

35’000 signataires appellent le Conseil fédéral à une opposition beaucoup plus ferme à toute guerre

Auteur(s): Tobia Schnebli

Date: 25/02/2003

35’000 signataires appellent le Conseil fédéral à une opposition beaucoup
plus ferme à toute guerre contre l’Irak 

Lancé comme instrument de sensibilisation et de mobilisation en vue de la
manifestation contre la guerre du 15 février, l’appel “pas en notre nom” a
récolté en très peu de temps un nombre d’adhésions qui nous a très
surpris: près de 35’000 signatures en moins de quatre semaines. Quelques
jours après la diffusion sur quelques mailinglists, des dizaines puis des
centaines de formulaires remplis de signatures sont rentrés depuis toute
la Suisse grâce à l’engagement spontané de centaines de personnes qui ont
contribué à faire circuler l’appel dans leur entourage immédiat: écoles,
parroisses, lieux de travail, etc.
De même que l’énorme succès de la manifestation du 15 février, la réponse
massive à cet appel traduit un sentiment réel de grande inquiétude dans la
population pour l’escalade guerrière à la quelle nous assistons depuis
plusieurs mois. La guerre permanente et globale, le  “choc des
civilisations” pour vaincre le terrorisme, garder “notre” mode de vie ou
même “nos valeurs occidentales”, cette perspective fait beaucoup plus peur
qu’elle ne rassure.

Les autorités politiques suisses, à qui cet appel est adressé,
commettraient une grave erreur si elles refusaient de prendre réellement
en compte les demandes exprimées par les signataires. Le Conseil fédéral
ne peut pas se limiter à rappeler la neutralité ou à proposer la
continuation du “courant normal”. Les signataires demandent de “condamner
sans ambiguïté une guerre contre l’Irak, sans attendre qu’elle soit
officiellement déclarée, (…), et sous quelque couverture ‘juridique’ que
ce soit (y compris par le Conseil de sécurité de l’ONU).” 
Si une deuxième résolution du Conseil de sécurité offrait une
interprétation permettant de déclencher la guerre, le Conseil fédéral
envisage d’adapter sa position au cas par cas. Cela ne contribuera qu’à la
légitimation du droit du plus fort. Au contraire, les petits et les moins
forts ont tout intérêt à renforcer le droit international. C’est pourquoi
il faut souligner aussi la dernière demande formulée dans l’appel: qu’à
l’ONU la Suisse fasse “entendre sa voix en défense des principes de la
Charte de l’ONU, contre les puissances qui les violent, fussent-elles
membres permanents du Conseil de sécurité.” 

Il est grand temps de civiliser la politique intérieure mondiale; il est
grand temps que le Conseil fédéral montre plus de courage civil pour
répondre à cette attente très fortement ressentie dans la population
suisse. 

Tobias Schnebli, membre de la coalition contre la guerre et du GSsA,
Genève.
tobia@gsoa.ch

Voir http.//www.gssa.ch/antiguerre/.