Auteur(s): Stefan Luzi, Tobia Schnebli
Date: 25/02/2003
En moins d’un mois, 35’000 personnes ont signé en Suisse l’appel “pas en notre nom”. Les signataires demandent de “condamner la guerre contre l’Irak sous quelque couverture ‘juridique’ que ce soit (y compris par le Conseil de sécurité de l’ONU), à refuser toute forme de survol par des forces engagées dans cette guerre, et qu’à l’ONU la Suisse fasse entendre sa voix en défense des principes de la Charte de l’ONU, contre les puissances qui les violent”. Le Conseil fédéral ne devrait pas se limiter à rappeler la neutralité en proposant la continuation du “courant normal”. Selon Tobias Schnebli, membre de la coalition contre la guerre, cela ne contribuera qu’à la légitimation du droit du plus fort. Au contraire, il est grand temps que le Conseil fédéral montre plus de courage civil pour répondre à l’attente largement ressentie par la population suisse et mondiale pour renforcer le droit et non pas le droit du plus fort. L’appel a été repris d’un appel analogue lancé aux Etats Unis (cfr. www.nion.us) et se solidarise avec les dizaines de miliers de personnalités du monde culturel et simples citoyen-ne-s américains qui l’ont souscrit. La coalition contre la guerre et le GSsA ont lancé cet appel, qui a trouvé une adhésion très large dans différents milieux culturels, populaires, réligieux et politiques dans toute la Suisse. Cette grande disponibilité à signer et faire signer l’appel esprime un sentiment largement ressenti de refus de l’escalade guerrière. L’écrivain Peter Stamm qui s’exprimait lors de la remise des signatures, demande: “Nous sommes le peuple. Ce pouvoir nous donne le droit d’exiger de nos politiciens qu’ils s’opposent à toute forme de guerre contre l’Irak et qu’ils ne la soutiennent en aucune manière”.