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Discours de manifs

Cette guerre n'a rien à voir avec la démocratie et la liberté

Auteur(s): Eric Decarro

Date: 15/02/2003

Nous manifestons aujourd'hui contre la guerre en Irak, car cette guerre
serait meurtrière pour la population civile et déstabiliserait toute la
région. Nous manifestons contre toute guerre, que celle-ci soit déclarée
par le gouvernement des Etats-Unis, ou qu'elle soit avalisée par l'ONU.

Cette guerre n'a rien à voir avec la démocratie et la liberté. C'est une
guerre pour le pétrole et la domination mondiale.

Il est pour nous insupportable de voir la première puissance mondiale
menacer de bombarder l'une des populations les plus pauvres du globe,
après la guerre du Golfe et l'embargo qui a causé la mort d'un demi
million d'enfants en 10 ans.
Le bellicisme du gouvernement Bush constitue un danger pour l'humanité et
la démocratie. Sa stratégie de "guerre préventive" ouvre sur une guerre
sans fin au niveau mondial, car après l'Irak, à qui s'attaqueront les
Etats-Unis ?
Par-delà la politique du gouvernement Bush, il convient de s'en prendre
aux causes profondes de cette guerre, à savoir la globalisation
néo-libérale et le capitalisme. Les rapports économique dominants, basés
sur la compétition et le profit, consacrent à tous les niveaux – y compris
dans les rapports entre Etats – la loi du plus fort. Ils portent en eux
des tendances permanentes à la domination, à la violence et à la guerre.

Nous dénonçons ici la guerre économique et sociale conduite contre les
populations des pays du Sud par le FMI, l'OMC et la Banque mondiale, avec
le soutien de tous les gouvernements des pays riches. Leurs politiques
étranglent ces pays par les mécanismes usuraires de la dette, ruinent
leurs petits producteurs par le libre échange, et causent chaque année des
millions de victimes par la faim et les maladies.

Dans le climat de guerre actuel, tous les gouvernement augmentent leurs
dépenses militaires et s'attaquent aux droits démocratiques : fichage,
surveillance des personnes, durcissement des lois sur l'immigration,
détentions arbitraires, restriction des libertés syndicales et du droit de
grève, tentatives de criminaliser les mouvements qui contestent l'ordre
mondial actuel.
Aux Etats-Unis, le budget militaire doit passer de 331 milliards de
dollars en 2002 à 451 milliards en 2007. Et l'on ne peut être qu'effaré
par la facilité avec laquelle on trouve de l'argent pour la guerre, alors
qu'on coupe dans les budgets sociaux, dans la santé, dans l'éducation,
dans le logement, dans l'aide au tiers-monde. Les municipalités des
métropoles américaines viennent ainsi de tirer la sonnette d'alarme face
à la montée en flèche de la pauvreté et des demandes d'aide d'urgence.

C'est pourquoi, notre combat contre la guerre est aussi un combat pour
les droits démocratiques et sociaux et pour une autre société.
Cette guerre – comme toute guerre - est une barbarie, qui ne peut que
déchaîner toutes les pulsions destructrices de l'être humain. Nous nous
mobilisons pour la combattre et aussi pour faire croître toutes les forces
qui s'opposent à cet ordre mondial de plus en plus destructeur.

Eric DECARRO (président du Syndicat des services publics SSP/VPOD)