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Discours de manifs

Ils ont les médias et la force, nous avons la rue et nos consciences

Auteur(s): Marie-Eve Tejedor

Date: 15/02/2003

Genève a connu fin janvier une manifestation spontanée et auto-convoquée,
réunissant plus de 4000 collégien-ne-s. Les salles de classe sont
abandonnées et la rue devient notre terrain d’expression. Nous avons crié
notre refus de la guerre en Irak et, pour beaucoup, du système capitaliste
qui y conduit. L’une des principales raisons de cette guerre est le
pétrole. Les jeunes refusent cette logique, qui place les intérêts
économiques des multinationales et impérialistes au-dessus de la vie. 
Nos vies, des gens d’ici et d’ailleurs, valent plus que leurs profits.

Berne vit, aujourd’hui, comme plus de 500 autres villes dans le monde, une
manifestation nationale de plusieurs dizaines de milliers de personnes.
D’horizons divers, nous sommes réunis pour dire non à la folie guerrière
de Bush et ses alliés, non aux pseudo justifications scientifiques et
juridiques, non aux résolutions alibi, non au pillage des richesses du sud
par les puissances du nord, non aux souffrances infligées aux Irakiens,
aux Kurdes et aux Palestiniens, non à un soutien de la Suisse aussi minime
soit-il. Tous les barils de pétrole ne valent pas une goutte de sang.

C’est cette logique d’enrichissement, de toute-puissance qui mène les
Etats Unis à déstabiliser continuellement l’Amérique latine, à soutenir
l’état d’Israël dans son régime de terreur contre le peuple palestinien, à
armer un Ben Laden et des talibans quand ça peut servir leurs intérêts de
domination. Lorsque le FMI, l’OMC, la Banque mondiale, le G8 et le world
economic forum ne suffisent pas à leur assurer une hégémonie indiscutable,
ce sont les embargos, les frappes chirurgicales et les armes, qu’elles
soient de destruction massive ou non, qui prennent le relais. Les
prochaines guerres coloniales sont déjà programmées.

Nous sommes ici pour affirmer notre solidarité aux peuples irakien, kurde
et palestinien et notre soutien à toutes les forces démocratiques et
laïques d’Irak et du monde arabe. La lutte pour une justice globale doit
se poursuivre, s’étendre et se radicaliser face à la barbarie
grandissante. 
A l’appel du collectif « no war », à Genève et sûrement partout ailleurs
en Suisse, quittons nos lieux d’étude et de travail le lendemain de la
déclaration officielle de la guerre, réunissons-nous, occupons l’espace
public pour refuser ce système, dont la guerre, n’est que l’expression la
plus brutale. 

Ils ont les médias et la force, nous avons la rue et nos consciences.

(discours de la manif de Berne du 15 février 2002)