Auteur(s): Georges Tafelmacher
Date: 12/04/2002
Intervention de Georges Tafelmacher, membre du GSsA au Sit-In du 12 avril 2002, Place Chauderon, Lausanne POURQUOI ? OUI POURQUOI cette GUERRE ? Je tiens à préciser que le but de ce sit-in n’est pas de condamner des personnes ou des pays en particulier mais d’apporter des témoignages des conséquences des politiques belliqueuses qui sont à l’oeuvre dans les territoires occupés, surtout depuis le début de la deuxième intifada qui découle du non-respect des résolutions de ONU de la part d’une armée d’occupation et des colonies de peuplement établies en Palestine. L’idée finale serait de constituer un piquet permanent tous les vendredis soirs (comme lors de la guerre du Kosove avec l’action des femmes réfugiées) jusqu’à ce qu’une ébauche de paix se dessine concrètement en Palestine et que l’armée et les colons se retirent des territoires qu’ils occupent depuis 50 ans. Le but de cet appel est de rappeler que des exactions sont faites au peuple palestinien et que quelques soient les justifications que le gouvernement israélien évoque pour mettre toute un territoire sous contrôle militaire et pour emprisonner les civils palestiniens chez eux, il n'a pas le droit de commettre des actes contraires aux droits de l'homme sur des population civiles. Il y a urgence car ces exactions persistent et les pression sur nos gouvernements pour qu'ils dénoncent les actions militaires, doivent se renforcer. Nous n’avons qu’une seule conclusion à tirer du conflit israélo-palestine : l’action militaire ne résout en aucune façon le terrorisme car faire la guerre au terrorisme est déjà en soi du terrorisme et le terrorisme est répréhensible quelque soit la raison, quelques soient les acteurs. Lorsqu’une situation devient si critique qu’une guerre éclate, c’est que les protagonistes des deux bords sont devenus des extrémistes qui versent dans les actions terroristes par l’escalade des actions armées et des bombardiers suicides. Sans prendre parti, nous pouvons constater : - que l'action militaire même dans le cadre d’une autodéfense armée est réellement destructrice car cet affrontement militaire inflige des dommages considérables aux territoires et à la population au sein duquel il se déroule, - malgré ses justifications défensives, la guerre et les menaces ne servent plus aucun but utile au sein des territoires occupés car elle ne fait rien d'autre d’infliger un degré de dévastation qui est une insulte à l'idée même de résolution des problèmes, - la dissuasion par la force militaire est devenue une stratégie morte et sans recours car le mécontentement est tellement chargé suite à ces incursions que les conséquences sont de nature à raviver les menaces qui peuvent devenir des explosion de désespoir. - Ce n’est pas parce que l’armée fait place nette que cette place deviendra effectivement nette car l'impact psychologique de ces incursions se mesure sur des années et les conséquences seront pires que le mal qu’elles étaient censées prévenir. La force d’une nation ne peut plus se mesurer à l'aune de ses armes, une analyse moderne et dynamique démontre qu’elles ne sont plus pertinentes car elles sont inutilisables pour la résolution de ce conflit d’un autre âge avec des adversaires désarmés et humiliés. Avant que ce conflit armé puisse complètement démolir tous les intervenants, il faudrait que les gouvernements des pays dites civilisés fassent pression sur les adversaires et proposent un arbitrage pacifique de autour d'une table de négociation rendant possible un règlement à l'amiable du diffèrent. Car on peut légitimement craindre pour son avenir si malgré les énormes possibilités de destruction qu’apportent les grands progrès technologiques de ces dernières années, on continue à se parler en termes de rapport de force, de jugement d'autrui, de dissuasion par la peur de la force militaire et de représailles. Le recours à la force armée est toujours le signe d'un constat d'échec : si une armée rentre en action, c’est que les DEUX partis sont devenus des extrémistes intraitables, des terroristes menaçants et ne pouvant plus se parler, ils se mettent à se taper dessus. Il n’y a plus de "bons" ou de "méchants", de "vils" ou "d’innocents", il y a seulement des brutes épaisses qui ne savent plus vivre et se comportent violemment. Personne ne peut sortir glorifiée d’un conflit militaire, personne ne peut crier victoire car TOUT le monde a perdu car en dépit des justifications données, c’est le monde entier qui perd ses marques. Et d’instrumentaliser les souffrance d’un peuple pour faire subir à un autre peuple des actes contraires à la Charte des Droits de l’Homme, est indigne de gens civilisés. Quelques soient les peurs que porte un peuple, cela ne lui donne pas le droit d’agir par la force armée et des exactions de toutes sortes contre un autre peuple. Il est déjà passablement scandaleux que sur la base de prétextes arrangés, une armée s’arroge le droit de pénétrer dans CHAQUE maison pour la fouiller en cassant absolument tout sur son passage. Mais il est encore plus scandaleux qu’aucun concert de nations dites "civilisées" se lève contre ces pratiques et les dénoncent au nom du droit humain et de la présomption d’innocence. Et de justifier ces types d’actions parce que "c’est la guerre", est encore plus lâche. Nous sommes ici pour soutenir une population soumise à des exactions qui ne résolvent en rien le problème des israéliens et nous sommes solidaire avec la souffrance de toutes les populations du Moyen-Orient victimes des extrémistes de tous les bords. Soutien inconditionnel au peuple palestinien en lutte pour ses Droits Ce n'est plus seulement pour ses droits que lutte le peuple palestinien, C'EST POUR SA SURVIE ! Pas de Paix sans justice Halte au massacre Halte à l’occupation de la Palestine Halte aux violences commises sur la population civile palestinienne L’arrêt immédiat de toute collaboration militaire de la Suisse avec l’armée et l’industrie militaire israéliennes Georges Tafelmacher GSsA/Vd - P U L L Y -