Auteur(s): A d'A - il manifesto
Date: 30/11/2001
Tout comme les squatters, ce parti sera assimilé au terrorisme en vertu de la Loi al Quaeda A.D’A. – Bruxelles C’est avec une nette majorité que le Parlement européen a adopté hier les documents sur la lutte contre le terrorisme et sur le mandat européen de recherche et de capture. C’est avec quelques modifications significatives que la stratégie du Conseil européen a ainsi obtenu l’aval du Parlement européen. Ces modifications élargissent les limites de la lutte contre le terrorisme de manière à y intégrer, à l’avenir, tout ce qui pourrait sentir un parfum de dissidence. Pour le moment, c’est la lutte contre le terrorisme basque qui agite les euro-députés espagnols, de droite comme de gauche. Leur but consiste à intégrer dans la définition de terrorisme deux amendements qui permettraient de poursuivre également les partis et associations qui appuient ou soutiennent politiquement les groupes terroristes. Leur but ? inclure Batasuna [le parti indépendantiste basque – ndt] et Gestoras Pro Amnistia, l’ONG qui assure la défense des prisonniers basques, dans la liste des organisations terroristes européennes que les chefs des polices des quinze sont en train d’élaborer dans le plus grand secret. Que Batasuna et Gestoras soient légalement reconnus par le gouvernement de Madrid n’a pas vraiment intéressé le parlement européen qui, à une large majorité, a satisfait les demandes du Premier ministre espagnol J.M. Aznar. En effet, la définition du terrorisme adoptée hier contient en effet une disposition juridique qui permet d’inclure dans la liste des organisations terroristes toute association que l’on suppose appuyer politiquement les groupes terroristes. La lutte légitime contre le terrorisme devient de ce fait anti-démocratique. C’est une stratégie qui semble renverser à long terme la logique traditionnelle du droit pénal pour qui seuls les actes sont punissables et pas les idées. Une fois ce pas franchi, c’est l’ensemble des actions à la limite de la légalité qui pourraient être frappées par la législation antiterroriste. Ainsi, toute occupation d’usine ou de lieu de travail pourrait être considérée, en vertu de la Loi al Quaeda, comme un acte terroriste puisqu’elle "cause des dégâts aux structures économiques et d’intérêt public" et pourrait constituer un acte tendant à "intimider et déstabiliser (...) les structures économiques et sociales fondamentales". Il en irait de même pour l’utilisation de son propre corps dans le cadre de formes e résistance passive. Des actes de ce type n’ont rien à voir avec le terrorisme, mais, "terroristes ils pourraient le devenir avec l’adoption de cette norme par Conseil européen des 6 et 7 décembre ou, au plus tard les 14 et 15 décembre, lors du sommet européen de Laeken.(...) il manifesto, 30 novembre 2001. Trad. PG