Auteur(s): GSsA
Date: 19/12/2005
Selon la Basler Zeitung du 14.12.2005, le DDPS (Département de la Défense, de la Protection de la population et des Sports) étudie l'engagement de soldats suisses en Afghanistan. Un tel engagement serait politiquement erroné: la Suisse se mettrait ainsi à la remorque de l'armée d'occupation US, puissance militaire qui a récemment encore choqué le monde en déshonorant les cadavres de Talibans. La Suisse rejoindrait ainsi les rangs des pays qui soutiennent la "guerre contre la terreur", guerre qui paradoxalement ne fait que contribuer à la recrudescence du fléau qu'elle combat. Le GSsA refuse cela catégoriquement. Les équipes de reconstruction provinciale (Provincial Reconstruction Teams), auxquelles la Suisse aimerait se joindre, sont directement subordonnées au commandement de l'OTAN (ISAF, International Security Assistance Force). Les résolutions de l'ONU qui légitiment ces troupes se réclament explicitement du chapitre VII de la Charte de l'ONU (rés. 1396; rés. 1444; rés. 1510; rés. 1623); il s'agit donc d'une intervention de pacification forcée. Voir aussi le site de la Défense allemande: http://einsatz.bundeswehr.de/C1256F1D0022A5C2/CurrentBaseLink/W26ASGG2219INFODE Un tel engagement violerait la loi militaire, qui n'autorise que des opérations de maintien de la paix, c-à-d. aucun engagement dans des zones de combat. En automne 2000, lors du débat sur la revision de la loi militaire, l'ancien chef du DDPS Adolf Ogi avait promis qu'aucune troupe suisse ne participerait à des opérations de pacification forcée. Le 26 septembre 2000, le Conseiller fédéral Adolf Ogi s'est exprimé en ces termes devant le Conseil National: "Je dis simplement, très clairement: ce que je viens de dire ici même, c'est exact, et c'est valable ... Nous ne participerons pas à des mesures de pacification par la contrainte" (AB 2000 N 998f, disponible à l'adresse: http://www.parlament.ch/ab/frameset/d/n/4604/18548/d_n_4604_18548_18567.htm Pour ces raisons, le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) demande que le Conseil fédéral annule immédiatement ses plans d'intervention en Afghanistan. Ce que l'Aghanistan attend de la Suisse, c'est de l'aide pour la reconstruction civile, et pas des soldats suisses avides de sensations fortes.