article précédent article suivant

Communiqués

Pour se donner une raison d’être l’armée empiète sur des missions réservées aux civils

Auteur(s): Gaétan Morel

Date: 12/05/2005

Le Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) a pris connaissance des
dernières mesures adoptées par le Conseil Fédéral débouchant sur de
nouvelles orientations dans le développement de l’armée. Il s’oppose
notamment fermement à l’augmentation des engagement intérieurs dits «
engagements de sûreté ».

 

Le nouveau concept de l’armée défini par le ministre suisse de la défense
Samuel Schmid, révélé ces jours aux médias, démontre une nouvelle fois que
l’armée cherche tous les moyens possibles et imaginables pour légitimer une
existence qui n’a plus lieu d’être. « A court terme, il est peu probable
que des opérations de défense doivent être menées en réponse à une attaque
militaire ». Plus personne ne considère en effet aujourd’hui comme réaliste
une attaque du pays par des forces étrangères. Cela désavoue d’une part le
fondement constitutionnel du rôle de l’armée et d’autre part la légitimité
et la pertinence de l’institution. En admettant que les 18'000 hommes du
corps d’élite de défense suffiront à rassurer le peuple suisse face à la
menace d'une invasion militaire, comment va-t-on donc bien pouvoir
occuper les 120'000 et quelques autres soldats ?

 

A l’heure actuelle, le chef de l’armée se voit contraint d’inventer de
nouveaux engagements d’appui au secteur civil pour ne pas voir son armée
disparaître. A ce titre, l’amalgame entre menaces terroristes et menaces
de la sécurité interne est proprement scandaleux et absurde. Voilà
pourtant où doit en arriver notre institution de l’armée pour garder sa
place en Suisse.

 

 L’orientation prise par armée XXI ces derniers temps  met en évidence un
manque de légitimation dans lequel elle s’engouffre peu à peu. Faute de
soutien du parlement (qui a refusé le nouveau budget d’armement 2005),
Samuel Schmid tente désormais d’assigner de nouvelles tâches pour donner 
l’illusion que l’armée est toujours utile. Et se rendant probablement
lui-même compte de l’absurdité de ces propositions, il projette de faire
passer ses nouvelles dispositions par voie d’ordonnance, « pour éviter les
interminables débats parlementaires ».


Les immenses ressources humaines et financières que la nouvelle armée
continuera d'engloutir pourraient être utilisées à des fins sociales,
humanitaires, et peut-être constituer un instrument sérieux et viable de
construction de la paix sur le long terme, ceci afin de répondre aux
vraies menaces qui s’abattent sur la sécurité des populations, en Suisse
et ailleurs. Quand nous déciderons-nous à proposer des initiatives
constructives et utiles, comme les corps civils de paix et le renforcement
des missions civiles humanitaires réalisées par des…civils ?

article précédent article suivant